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••• É𝐜𝐨𝐭 𝐝𝐮 𝐒𝐢𝐥𝐞𝐧𝐜𝐞 •••

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😷 Littéra'tueur en série non homologué 😜


Un prénom parmi d'autres... (Elsa)

Publié par ¤Fil@ment¤ sur 19 Juin 2012, 19:07pm

Catégories : #Souven@nces ()

          On peut s’appeler Elsa et préférer Paul Éluard à Louis Aragon : tu portais ce prénom mieux que n’importe quelle égérie d’Aragon, tes yeux de braise auraient su allumer n’importe quelle bibliothèque au point de faire l’autodafé de l’Encyclopédie de l’Univers tout entier. Elsa je regarde encore le livre d’un monde passager, et je te vois. Je vois ton œil malicieux, presque perfide, qui perce la moindre lueur de mes mots pour tenter d’en élucider le mensonge, le non-dit, le présupposé – ou plutôt, le « postulat » (un de tes mots favoris).

           Tu es sortie de ma vie plus vite que l'ombre qu'il t'a fallu pour y entrer, mais je garde à jamais ce cadeau que tu m'as fait, bien au chaud, quelque part là au fond de ce coeur qu'il me reste encore à chaque fois que je me remémore dans quelles circonstances tu me l'as offert, ni les conséquences de tel ou tel acte ou acte manqué : l'essentiel et ce qu'il m'en restera est bien d'avoir pu, grâce à tes yeux de braise, découvrir la poésie unique, aérienne et si discrète de Christian Bobin, de MONSIEUR Bobin, puisque je ne puis lire ses mots sans lui accoler une majuscule qui sied si bien à son oeuvre. Merci !

          ... Parfois je me demande si l’enfant que t’a offert Olivier est doté des mêmes yeux que sa mère. Et, surtout, si il ou elle a hérité de l’intelligence diabolique d’Elsa aux yeux de jais. J’ai toujours parié que oui, je veux gager que oui : il ne saurait en être autrement, cet Olivier que je n’ai vu qu’en bribes de souvenirs pourrait en témoigner mieux que mille petits « moi » faussement énamourés.

          Un jour, parmi les tout premiers où j’ai eu l’heur de te lire, tu étais en quête d’un je-ne-sais-quoi qui n’avait alors pas dit son nom, mais dont nous savions, toi et moi, qu’il s’agissait de bonheur avec un petit « b » (pas un grand, le grand est réservé à l’Utopie), et tu m’avais glissé, entre deux confidences faites au silence, qu’il te fallait un peu de palpable. Ce regard espiègle qui scrutait même l’invisible jusqu’à en effleurer le mystère intrinsèque, cet iris fécond qui voulait, toujours, connaître. « J’ai besoin de savoir à qui je me raccroche », ajoutais-tu, comme pour mieux me faire, déjà, regretter de m’être fourvoyé dans ces yeux-là. Aujourd’hui, bien des années plus tard, alors que le vent se confond avec Personne et que le monde a fait trop d’enfants pour pouvoir tous les compter, je crois pouvoir dire que je mesure, enfin, ce que signifiaient exhaustivement ces mots. Je chéris chaque jour la violence d’une absence, quelle qu’elle soit, car je sais d’où elle peut provenir. J’ai besoin de savoir à qui je me raccroche.

 

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.. 12/09/2012 02:41


Le plaisir de te lire encore quand tu dévoiles tes souvenirs..merci

¤Fil@ment¤ 15/09/2012 09:29



(Romancés, les souvenirs. Et je ne suis même pas sûr que ce soient les miens ! Je plaisante, évidemment.. Merci, chère Phocéane.)



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