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••• É𝐜𝐨𝐭 𝐝𝐮 𝐒𝐢𝐥𝐞𝐧𝐜𝐞 •••

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😷 Littéra'tueur en série non homologué 😜


Un prénom parmi d'autres... (Léa)

Publié par ¤Fil@ment¤ sur 12 Juin 2012, 04:53am

Catégories : #Souven@nces ()

(À Léa, lait sans ciel)

          Dix ans après, as-tu trouvé ou retrouvé un semblant d'équilibre ? Lucas n'est jamais revenu, et ne reviendra jamais, en as-tu fait le deuil ? Pardon, bien sûr que non : comment pourrait-on oublier ce qui fut et fit partie de soi comme l'ombre appartient à la silhouette ? Ce frère jumeau qui t'a hantée plus que les promesses faites à l'avenir de ne jamais s'y projeter, seul un grain de poussière se rappelle l'avoir snobé, le considérant, à tort ou à raison, comme un concurrent déloyal dans la course aux étoiles filantes. Il te reste, il te restera toujours, ce souvenir indélébile d'un cri, d'un fou rire, d'une larme ou d'un silence soyeux; tous ces adorables instants qui ne font que passer mais dont la répétition s'ancre à jamais dans la mémoire : c'est cette banalité itérative du moindre geste de vivre qui fait la singularité de ceux dont on sait que, tôt ou tard, il faudra apprendre à se séparer. La singularité particulière du commun qui nourrit, sans s'encombrer de paradoxes, le précieux de l'Être.

Un jour, le dernier où tes lignes se sont offertes à mon regard déclinant, tu assurais déjà que demain accompagnerait résolument le monticule de terre fleurie où on pense que Lucas dort pour toujours; tu grignotais le temps qui venait avec la volonté incompressible de ceux à qui il reste une flamme à ne jamais éteindre, une promesse à ne jamais atteindre : elle se réserve pour un autre monde, un autre lieu, un pays de poussière translucide où les âmes se confondent avec les pas des ombres sur la neige fleurie de l'immortalité. C'est là que Lucas t'attend, tu l'as toujours su, tu le savais mieux que l'avenir lorsque tu m'as écrit, dans un dernier soupçon d'élégance pudique, que tu n'avais "plus rien à éviter". Dix ans après, il me reste toute la masse de poussière que contient ici-bas pour imaginer l'absence qui verrouille la mémoire, et une seule route à mille croisements labyrinthiques pour savoir, enfin, ce que signifiaient exhaustivement ces mots. Je n'ai plus rien à éviter.

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