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••• É𝐜𝐨𝐭 𝐝𝐮 𝐒𝐢𝐥𝐞𝐧𝐜𝐞 •••

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😷 Littéra'tueur en série non homologué 😜


The only way is up !

Publié par ¤Fil@ment¤ sur 30 Octobre 2010, 23:38pm

Catégories : #*Fou d'aises & foutaises*

 

                                                  (Yazz & the Plastic Population - The Only Way is Up)

 

          Qui peut savoir ce qu'il aurait fait s'il n'avait rien fait d'autre dans sa vie que ne rien faire sur le boulevard de sa conscience, les quelques fois où elle a dû s'inviter à la table !? Nul ne peut savoir, évidemment. Et pourtant...

... Pourtant, il faut rougir lorsqu'on parvient à panser ses bleus. Mais rougir de plaisir et de fierté. Surtout pas de suffisance. On sait rarement où l'on va, on sait toujours d'où l'on vient. Du moins vaut-il mieux ne jamais l'oublier, quelle que fût la couleur de notre contrée de chérubins. Que l'endroit ait été doux et "sans histoires", ou un enfer en miniature. Seuls ceux qui savent renier leur avenir programmé peuvent trouver dans leur enfance la force de ne pas imposer la même à leur descendance. Pour n'avoir jamais à rougir des efforts fournis pour être quelqu'un; pour  n'avoir pas à regretter tous ces gens, ces moments et ces avenirs possibles, qu'inévitablement on laisse sur le carreau parce qu'on a, simplement, voulu aller plus haut que la terre ferme du sixième sous-sol, auquel la vie nous destinait préalablement. Pour n'avoir pas à porter toute une vie les innombrables séquelles que, fatalement, on a créées sur le chemin ardu et non balisé de notre petit Salut.

           C'est un de ce soirs où, perdu dans l'absence éternelle du rien, du personne et du jamais, on se surprend au sommeil paradoxal du "je n'ai envie de rien" et du "j'aimerais tant aimer encore, juste une fois". C’est un soir où on croit rêver debout sur la planète, un verre de nuages à la main et des océans de soupirs pleins la tête. Alors qu'un seul bouquet de sourires multicolores, ainsi qu'un tapi cotonneux d'aspirations grandioses et humanistes, suffiraient amplement à remplir dix encyclopédies de nos avenirs plausibles; de nos choix faisables; de nos décisions compatibles avec le devenir d'un monde qu'on reconnaît pourtant de moins en moins, une espèce d'univers parallèle qui s'éloigne continuellement de l'idée objective et primitivement naïve que l'on s'en faisait...

... Quant à savoir l'idée exacte qu'à ce jour "je" m'en fais... Il semble finalement que je n'aie plus d'idées sur un demain qui m'échappe, ni d'illusions sur un passé qui me nargue. Ce passé que, tant de fois, j'ai voulu changer pour le rendre conforme à un idéal qui serait fidèle à la bonne marche des pas d'un clown, sur la neige fraîche d'un désert d'ectoplasmes déguisés en sapins de Noël. Il faudrait peut-être que je sache me contenter du monde tel qu'il est, et des rêves pour ce qu'ils sont...

          Mais le monde est trop petit pour contenir mes rêves. Et les rêves eux-mêmes, trop étriqués pour savoir y loger ne serait-ce qu'un quart de mes doléances, un tiers de mes pensées secrètes, un tout petit pan de mes velléités de changement du cours universel de l'Histoire personnelle. Ma nature très profondément inutile s'accommode si bien de cet espace permanent qu'il reste à feindre de découvrir, que le jour viendra où ma propre ombre saura, magnanime, se retourner sur mon passage pour m'enseigner l'art abscons de dessiner sans fin des horizons multiples sur une mer démontée, et sans ports connus; des descendances potentielles, et des étés perpétuels sur une simple feuille automnale. De préférence une feuille de bouleau, ou d'érable (eu égard à mon passé récent, ainsi qu'à mon avenir immédiatement délimité. Et, peut-être, définitivement borné). Voire, de filaos, pour m'asseoir une seconde et demie dans le fauteuil finalement pas si inconfortable de mon enfance.

Je ne renie rien de ce que je serai, je maudis juste ce que je peux être. Et je consens enfin à m'adjuger, et même à revendiquer, la pente escarpée autant qu'épuisante, car frustrante, que fut ou que sera mon jeune âge. Il fallait bien que je parvienne un jour, tard dans la nuit, à accepter la douce dangerosité infinie que je puis encore montrer seulement à mon miroir, à mes rêves éveillés et à mes placards chevronnés, poussiéreux mais bien moins bancals que mes hallucinations du quotidien suranné. Un quotidien qui vieillit mieux que mes os, d'où suintent par milliers des parodies de vies par procuration, et que je m'empresse de faire grandir à l'engrais de mes rêves d'un Autre; un de ces parmi tant d'autres qui m'est tellement étranger qu'il en finit par me ressembler. Je suis cent-mille Autres, et je ne suis personne de ces âmes qui s'agitent, été comme hiver, sur le berceau de mes rêves inachevés. Car mes rêves sont, définitivement, trop petits pour le monde où habite ce qu'il reste de mon corps. L'esprit, lui, s'en est allé, depuis longtemps, sur des rivages insoupçonnés, multiversaux, polyphoniques, quadri-dimensionnels au moins, et, en tous les cas, inventés (par hasard ou par obligation) pour les ratés merveilleux desquels je me sens si proche lorsque je m'éloigne d'eux...

          Et, ce soir plus que jamais, par-delà les habituelles digressions propres à ma folie perpendiculaire - cette folie courante à faire se damner les prophètes des songes et les psychanalystes en caoutchouc -, je sais, mieux que demain mais bien moins qu'hier, que j'ai rêvé pour mille, que j'ai aimé pour dix et que je mourrai pour moi tout seul. Mais, surtout, j'ai la science immuable de l'optimisme, lucide et impartial, qu'il faut absolument avoir à disposition pour pouvoir se sauver; pour survivre et marcher à côté des vivants, voguer avec le vent des changements perpétuels - et toujours y échapper à temps - . Pour pouvoir sans cesse lui substituer des rêves qui seront toujours, et invariablement, plus réels que la fiction permanente de cet Univers en constante orbite autour de Saturne-pas-rond du tout. Je prétends "savoir" (honte à moi !) mieux que moi-même (mais d'où sors-je cet évident paradoxe ?!?) ce qu'il me reste à marcher pour ne plus jamais avoir à me retourner sur mes pas hésitants, et lui préférer joyeusement, consciencieusement et presque irrésolument, la trace des rêves immenses qui construisent l'être mieux que la vie elle-même. La trace de mon avenir. Parce que c'est dans tout ce que je déteste de ma petite personne que j'apprends ce que j'ai envie d'y voir. Parce que c'est dans le miroir brisé de mon image récalcitrante, et usée par la passivité hyperactive, que je reconnais toujours le visage des Possibles éclairés par l'orage de Vivre, de vivre plus que tout. Et parce que.... parce que The Only Way is Upppppp, tout simplement ! Insensément, voluptueusement et objectivement.

 

 

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