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••• É𝐜𝐨𝐭 𝐝𝐮 𝐒𝐢𝐥𝐞𝐧𝐜𝐞 •••

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😷 Littéra'tueur en série non homologué 😜


The Man on the Mirror

Publié par ¤Fil@ment¤ sur 17 Novembre 2012, 05:31am


Je ne le... Oulah, non ! Commencer par la fin :
Surtout pas de « je ». On. On ne le connaît pas.
Ni cet homme, ni cette âme. Ne rien savoir de lui,
Sa fin dès le début, sans faim à l'origine.
On ne le connaît pas, et le temps de dire "ouf",
Tout est déjà fini. Au lit et à chevet.
À cheval sur l'image, et ne rien voir venir...

Mais... Et derrière ? Qui irait voir derrière ? Quelle drôle d'idée. On s'en fiche, de savoir ce qu'il y a derrière; ce qui compte, c'est maintenant, là, tout de suite. En vérité, on se leurre comme on se meurt : on a, depuis belle lurette, traversé le miroir. Et on doit s'y sentir mieux que mal, pour y demeurer plus longtemps que ne le permet la lumière, qui n'a besoin que d'un milliardième de battement d'un faux cil vivant pour aller à la rencontre de la matière et en revenir transmettre le résultat de sa recherche. Pourtant, on n'en revient pas, on n'en est toujours pas revenu. La distance à parcourir entre le corps et l'âme ne dépasse pas l'entendement, car il n'y a guère d'entendement possible dans cette portion de nous-mêmes. Il ne s'agit pas, du reste, de distance. Et il ne s'agit pas tant d'entendement, que de propension de l'intelligible à rendre opaque le moindre rai de poussière dont on a fait les silences. Il n'est question, ici, et là-bas surtout, que de rester en vie. Droit dans la lumière d'une nuit sans fin.
On ne connaît définitivement pas qui est derrière tout ça. Qui se tient sur le bout de la chandelle où on croit être luminescent. On ne sait rien de rien. Parfois il passe une tête comme pour se rappeler à notre souvenir, parfois une jambe pour mieux nous déloger de l'avenir qu'il a lui-même dessiné à notre intention. Mais le plus souvent, il ne nous nargue pas, il nous renie seulement. On nous renie. Pour l'avoir croisé maintes et maintes images saccadées, en lueurs accélérées comme en trente-six dimensions, on n'ignore pas, cependant, le pouvoir dont il dispose. Un simple geste et le papillon n'a plus d'ailes pour battre en retraite; un seul arrêt sur image, et on retourne sur terre. Je ne connais pas ce type dans le miroir. Ou plutôt, je ne le reconnais pas. Je refuse de donner son nom, de coller une étiquette sur ce visage, l'envie est trop grande de lui mettre une balle dans l'image projetée qui s'apparente à la tête. Je ne le connais pas. Mais je sais trop bien qui il est. Il n'a rien à voir avec celui que j'ai envoyé découvrir ce qu'il se passait de l'autre côté du miroir. Expédition moins surréaliste que le résultat qu'on a sous les yeux : ce type n'est pas moi, il vient d'un futur originel, de mon berceau, d'un avenir en lambeaux, des morceaux brisés d'un miroir que je réfute totalement. Cet homme dont je croise l'absence de regard dans  cette glace, il n'est pas mort mais pour le bien de tellement de silences, il serait souhaitable de le crever bien avant l'abcès qu'il déchaînera sur la buée alentour.

(...)

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