Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

••• É𝐜𝐨𝐭 𝐝𝐮 𝐒𝐢𝐥𝐞𝐧𝐜𝐞 •••

••• É𝐜𝐨𝐭 𝐝𝐮 𝐒𝐢𝐥𝐞𝐧𝐜𝐞 •••

😷 Littéra'tueur en série non homologué 😜


Symphonie de l'Absence

Publié par ¤Fil@ment¤ sur 9 Avril 2011, 08:00am

Catégories : #Un tout petit mot ment..

(Grégory Lemarchal, d'après Calogéro - Aussi libre que moi)

 

         Aucune, non aucune souffrance. Seul dans la nuit comme un phare en un désert inconscient de sa vastitude, je contemple l'étincelle en sursis de ma diurne bougie. Une flamme qui n'éclaire que la nuit dense et opaque d'un parcours sans rémission. Le coeur en bandoulière, les rêves en instance de départ vers un ailleurs sans retour, je m'offre à la désolation stupéfiante de l'aube à renaître, bientôt, là-bas, au loin sur le rebord du jour qui mesure encore les ruines de mon visage. Mais jamais ne les efface, les affermit plutôt, les rendant presque belles à la lueur du silence. Je n'ai nulle peur à offrir aux mensonges de mon ennui, nulle angoisse à essuyer sur le front des soupirs endoloris du terne village où réside mon âme. Je ne suis que spectre dans le siècle des hommes, une ombre sur les murs de leurs prières, le passant poussiéreux et muet de leurs discours torrentiels. Je ne souffre pas, ne souffre plus, je ne sais plus comment on fait pour ressentir la peine des mondes à venir et des apocalypses passées. Le "je" est même de trop pour évoquer celui qui parle en mon nom et se prétend moi, car il manque un fantôme pour parfaire l'idée que l'avenir me réserve. Et mille tribus d'ectoplasmes ne pourraient suffire pour tracer la frontière ténue de ma folie onirique, et rejoindre copieusement le silence en dévisageant les envieuses nuits alentour. Ce n'est pas une frontière que l'on passe consciencieusement, c'est une ligne qui ne se franchit qu'à l'aune du désespoir et de l'insouciance mêlées; c'est une contrée insipide et vierge de tout repos, qui n'apparaît que dans les livres du quotidien d'un autre monde, d'une autre époque et d'une autre bibliothèque. Celle qui boude la quiétude de se savoir indispensable à la survie de personne, et que renie le devoir de se tenir éveillé au comptoir de l'univers parallèle, où sommeillent les jambes maladives de mes rêves éparpillés. Je ne suis point seul pourtant, je ne suis que violent silence démasqué par ma défunte douceur. Jamais seul. Toujours accompagné de soleil par milliers de poussières, de neige par myriades de cristaux, et d'avenirs par pléthore de lubies et moult aspirations, à essaimer dans le décor des aurores qui maquillent mon espace de leurs fragrances apoplectiques si familières, si belles, et échangeables exclusivement avec la beauté d'un jour qui achève de trucider ces nuits atomiques où paressent mes si actives synapses, qui n'ont pas fini de feindre qu'elles sont utiles à quelqu'un d'autre que mon cadavre. 

 

(...)

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

Nous sommes sociaux !