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••• É𝐜𝐨𝐭 𝐝𝐮 𝐒𝐢𝐥𝐞𝐧𝐜𝐞 •••

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😷 Littéra'tueur en série non homologué 😜


Slave to Freedom

Publié par ¤Fil@ment¤ sur 26 Juin 2010, 04:24am

Catégories : #Whoever I am not

          Ils ont ouvert une fenêtre ce matin. Une seule, et cela pouvait suffire. Pour que je demande pardon aux oiseaux, au ciel et à tout ce qui vole. Puisque tout ce qui ne vole pas, je l'ai déjà volé lorsque j'étais derrière leur ombre.

Je ne pleure plus, mes larmes aussi avec les anges se sont envolées ce matin, à l'ouverture d'une fenêtre. Je promets de ne jamais voler celle-là, c'est la dernière que j'ai envie de voir, la seule que j'ai l'opportunité de voir sans passer à travers. Je promets aussi de veiller sur moi, tout le long du dernier jour, jusqu'à ce que je me réveille, bien au-delà de cette fenêtre, sans doute avec les oiseaux, les cieux, les plumes et tout ce qui vole. Je fabriquerai des ailes aux espérances que j'ai eues en pensant à tout ce qui ne peut voler, ce qui ne peut et ne doit se voler, et je les emporterai avec moi par-delà la vérité immense qui habite le pays de mon enfance.

          Il plane sur ma tête bien plus d'ombres invisibles que de querelles offertes à la vue des silences. Je ne sais pas si je peux avoir froid pour dix champs de solitude; j'ignore même si j'ai le droit de respirer un peu plus haut que le bruit des marées de mon âme à sauver, mais je crois savoir qu'il me reste de quoi voler de mes propres zèles pour vouloir réparer le sommet de mes horreurs environnantes, le pas maudit où j'ai marché si longuement sans jamais trouver la silhouette adéquate où abriter mon ombre quotidienne. Je ne cherche pas d'horizons, la raison viendra à moi comme elle est venue à ces gens qui m'ont ouvert la fenêtre, ce matin, pendant que je m'ouvre les veines sur le monde alentour et l'immonde intérieur. Je n'ai pas le temps de m'interroger sur le "ou l'inverse". Ni le temps ni l'envie. Voler, simplement, je veux.

          Il faut qu'un dieu se presse de descendre de l'étage au-dessus. Une âme est à prendre, tant d'autres sont à voler. Fait-elle encore partie de tout ce qui se vole ? A-t-elle jamais participé d'une communion asphérique qui sorte du coma intersidéral ? Je doute des bienfaits de ce garrot qui me bouche le navire nasal. Je volerai certainement mieux ainsi lesté, doivent se dire ces gens qui me libèrent de ma liberté. Je l'ai payée suffisamment longtemps. Enfin, je crois... Mais j'ai la vague impression que je n'ai encore jamais assez demandé pardon à tout ce qui vole. Tout ce qui se vole. Survol d'une Liberté, sans statut défini. Pourtant j'ai eu beau payer pour qu'on achète la mienne, je ne me souviens plus si j'ai assez payé pour voler tant des leurs, à ceux-là, en bas, qui ne volent point, qui ne font que ramper, nager, marcher, courir, coucher, choir, et peut-être même sauter. Mais jamais assez haut pour que des ailes de vie leur soient accordées. Et à moi qui le méritais le moins, on me les a offertes. Pourquoi, je ne le sais guère.  Il faut dire que le cadeau leur était imposé : même ça, je n'ai pas pu m'empêcher de le voler. A qui de droit, s'il en reste. Ce dont je doute, si j'en juge par l'embrasure de cette fenêtre. Même un dieu, aussi vertueux qu'il puisse être, n'y passerait une jambe, une tête ou une bouteille de vin divin. A fortiori, une aile...

Alors, comme s'ils avaient deviné mon dessein profond, et sans doute pour mieux dormir au bout de leurs angoisses, ils referment la fenêtre, et mes rêves avec, et mon ciel et mes oiseaux et mes anges de même.

          Tout cela m'insupporte moins qu'il ne m'importe : jusqu'à preuve du contraire, les mésanges, ça vole. Et tout ce qui vole m'a déjà pardonné. Tout ce qui ne se vole pas ne mérite que mon dédain. Ma fenêtre. Mes bourreaux. Je les enferme. Ils me le doivent bien. Les rôles sont juste inversés. Les libertés renversées. La tête à l'envers, on voit si bien les étoiles qui se noient dans la mer. Et leur garrot est au moins aussi voyant que le mien.

Je savais qu'ils viendraient refermer cette fenêtre. C'est pour cela que j'y ai laissé échapper juste à temps mes rêves d'un soir diluvien, chemise ouverte sur le monde, poings fermés sur l'avant-veille de l'agonie globale. Je sais comment m'envoler de la meilleure des façons. Et je ne le leur dirai pas : ils seraient capables de me rendre ma liberté d'être esclave de mes ailes de plomb. A voir leur regard posé sur le dieu tombé d'un faux ciel et venu pour réparer la chaudière de mon âme, je gage qu'ils me concèdent un peu de leur joug printanier pour le distribuer aux plumes du vent guttural. Je n'ai plus peur de rien, j'ai déjà tout volé ici-bas, et ça ne volait pas bien haut. J'aspire......

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