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••• É𝐜𝐨𝐭 𝐝𝐮 𝐒𝐢𝐥𝐞𝐧𝐜𝐞 •••

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😷 Littéra'tueur en série non homologué 😜


R(i)P Can Dance ?

Publié par Vice-Versatile sur 26 Novembre 2009, 18:27pm

Catégories : #{Des rasoirs dérisoires}


          J'avais ton âge en l'an 2000. Ou plutôt, l'an 2000 avait notre âge, comme le siècle 18 avait deux ans à la naissance de ce cher Victor. Tu errais dans les cyber-salons dits 'RP', ou de jeux de rôles. Ces salons où des êtres moins pixellisés que mes synapses s'échinaient à trouver une suite aux épisodes sans fin de l'Apocalypse. Ces salons où l'imagination débridée des membres débouchaient invariablement sur un univers en vase clos, à l'esprit clanique, hautain, faussement bourgeois, et tellement éloigné de la propre réalité des frustrés qui composaient cette guilde moderne que cela en devenait risible, à faire se tordre de rire le sens-même du mot ridicule. Des amoureux de l'écran qui pensaient être subversifs en dégainant sur le premier étranger venu qui avait le mauvais goût de ne pas savoir aligner plus de deux mots d'anglais ni un 'smiley' hyper fun-mdr-megalol dans une prose pseudo-franchouillo-fantastico-beatnik. Oui, j'avais ton âge, et je me gaussais déjà de la lubricité luxuriante de ton unique neurone, car tu me rappelais le jour où j'étais mort de rire (pardon : 'expdr') de te savoir encore en vie face à un tel déchaînement de bonheur pyramidal. Je me rappelai les années démentes où, de bonne foi, je m'ingéniais à ériger en casting Valium tout un pan de l'univers chaotique de ma cervelle rétive, un univers dont les personnages auraient fait passer les plus farfelus des anathèmes pour une guimauve dédicacée par les groupies déçues d'un boys-band composé de transsexuels plus ou moins transgéniquées par eux-mêmes.

Mais non, je n'avais que ton âge, en ces temps de mille et une nuits explosives, au moins autant que ton humeur caractérielle. Que ton âge, 'Honey', en cet an 2000. Pas ta classe, ni ton imaginaire, ni tes rêves d'un monde fait de Sarkojacuzzis comme autant de Ken et de Barbie, et de Rick Hunter en pots de Nutella, quand ce n'étaient pas des petits pots pour nourrissons, tant ta coiffure haute-tension me faisait penser à une Pampers souillée, et ta bouche en trompe-l'oeil à un préservatif mille fois usagé : les temps sont durs pour tout le monde, même pour l'apprentie-pucelle que tu t'évertuais à paraître sur les rebords de ton.jupon self-service. Mais, dans un monde en vase clos, les vases sont encore plus communicants qu'ailleurs, et, inévitablement, tes jupons se firent haillons, et toutes tes babioles de pensées appurent comme ce qu'ils étaient aux yeux du monde (ce monde-là, dehors, que tu intitulais si dédaigneusement 'réel', alors que son seul défaut était celui d'être normal) : des fanfreluches, des inepties, des écarts de jeunesse. Là où les Sarkozizi portent des jarretelles en carton, mangent du saumon péroxydé, prient, dans des églises en titane, une foutitude de dieux aussi délurés qu'improbables, la loi en vigueur étant, ici comme ailleurs, de privilégier la quantité à la qualité : dans le lot, avec un peu de chance, il finira bien par s'en trouver un, moins sourd, moins occupé, ou peut-être juste moins inexistant que les autres, pour exaucer les souhaits de l'homme-Self, celui que l'on n'a pas vu à la une de *Good.Pipe.All* depuis au moins deux secondes.

Je n'avais que ton âge, ma dragonne, et, si j'étais déjà archi-fou, je n'en étais pas moins coriace et définitif quant à mes opinions sur la tenue que tu devais adopter pour intégrer le cénacle des Glands de ce Monde. A mon humble avis, ton sac-poubelle fluo convenait fort bien pour faire se rhabiller de jalousie les First Daddy ou fist(?)-Ladies en proie à un accouchement spontané, tes lunettes en téléobjectif pour papparazzieurs sur le retour feraient forte impression dans les anneaux de Saturne, et ton popotin garanti sans porc serait indubitablement homologué 'sans matière grosse' à la boucherie de l'arrière-coin. Tu vois, dans mon univers aseptisé, les Barbie tuent Rick, les Ken tuent Ki, les lettrés lisent Maris-Patch, et dieu est au micro-ondes : c'est encore là qu'il est le plus utile.
Mais tu ne sauras pas la marque de mon dieu; euh, de mon micro-ondes.


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