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••• É𝐜𝐨𝐭 𝐝𝐮 𝐒𝐢𝐥𝐞𝐧𝐜𝐞 •••

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😷 Littéra'tueur en série non homologué 😜


Paroles et Mutique

Publié par ¤Fil@ment¤ sur 4 Janvier 2012, 14:58pm

Catégories : #Un tout petit mot ment..

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          Ma langue maternelle est le Silence, c'est lui qui parle en mon nom lorsque je ne sais plus parler aux hommes. Lui qui m'enjoint à me taire même quand les mots voudraient sortir, partir, ne plus revenir, jamais. Toujours fuir, toujours fuir, et ne jamais écrire. Il n'y a rien à écrire, rien qui ne soit plus éloquent que l'absence. L'absence de mots, là où les maux sont plus que présents, mais si peu présentables. Plus que présents, mais jamais plus que parfaits. C'est un Verbe abscons, une litanie secrète, une phrase à ne jamais écrire. Jamais. Rien d'autre qu'un présent du suggestif, à conjuguer au mode palliatif. Si tant est qu'il en reste assez, dans l'attirail de cette langue merveilleusement futile qu'est notre idiome matinal, pour nous servir de présent offert ou à offrir comme un cadeau du père Fouettard égaré dans la jungle de la syntaxe. 

          Scrutation réciproque... Je n'ai jamais su, réellement, qui de nous deux épiait mieux l'autre : plus j'observe le silence, plus le silence est lettre morte. Il se fait tantôt minute, tantôt éternel, mais toujours et invariablement il revient, sans bruit et à pas de loups, sur le seuil de ma cabale logorrhéique aussi indicible qu'incurable. Peut-on panser l'indiscutable ? Soigne-t-on l'impensable ? S'il est d'or, j'aurais dû, j'aurais pu le vendre, sans doute serais-je riche à présent... mais je ne prévois absolument pas de changer ma nature profondément, viscéralement anti-Moneymaker. Je ne thésaurise que ma folie, j'épargne le reste à mes semblables. Le viatique n'est pas viable, la mutique est plus enviable. Bien qu'encore plus inutile. Bien que moins indispensable à la bonne marche des éclopés permanents qui déambulent sans cesse dans les couloirs argentés de ma conscience. Là où, il y a peu comme il y a si longtemps, reposait, empathique et avenante, ma matière grise.

          Pour l'instant, cette langue que j'ai voulue maternelle ne materne plus qu'un Notre-Père d'orphelins de mots. Il advient parfois qu'elle transmute jusqu'à devenir une chanson, fade rengaine pour brailleurs sourds. Je suis de ceux-là, mais là d'où je suis, si las je deviens quand je devine que de Charybde en Scylla je mute. Transmute. En transe mutique. Celle qui, épisodiquement, me ramène à l'Excellence inavouable du silence synonyme à "je n'ai rien à dire mais il faut quand même qu'Autrui le sache". Ou celle, aussi, et peut-être surtout, qui sait encore m'apaiser - du moins me le fais-je croire : le refrain systémique de l'ex-Silence thuriféraire, ce culte infâme que je voue à la musique, quelle qu'elle soit. Celle pour qui je me suis damné cent fois sur mon île aux trésors perdus dans l'immensité galactique de ma fragrance de poussière.

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