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••• É𝐜𝐨𝐭 𝐝𝐮 𝐒𝐢𝐥𝐞𝐧𝐜𝐞 •••

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😷 Littéra'tueur en série non homologué 😜


On sait, Fleur d'un soir...

Publié par ¤Fil@ment¤ sur 27 Juin 2011, 00:06am

Catégories : #Un tout petit mot ment..

         Un soir sans étoiles, une fleur a rencontré un front, et nul ne sait qui de la fleur ou du front était plus dégarni que mille ans de bouquets d'anathèmes. La fleur se concentra et se fit d'abord chrysanthème, puis ancolie, puis rose, pour finir pensée intime, merveilleusement bienveillante et détachée. Une fleur prodige, une fleur prodigue. Comme l'enfant à qui elle est venue s'adresser ce soir. Elle s'amourache presque de ce front abîmé  par la brume viciée des matins d'un monde étrange autant qu'étranger, et lui ferait presque la cour si elle ne se souvenait soudain qu'elle avait germé dans un esprit afin de pouvoir semer une parole de vertu à l'oreille du front dont elle n'avait plus de nouvelles.  

Du vent dans son âme plagiée par le nauséeux du quotidien elle souffla. Des nouvelles du front elle obtint. Et armée d'une patience plus méritante que la fleur éponyme, elle glissa dans le creux de son aura indigo une bise d'espérance qui saura lui tenir lieu de photosynthèse renouvelable presque chaque journée d'ici-bas, et extensible au moins autant que la bêtise environnante. Elle se tint droit sur le rebord d'une ride plus obsolète que le lendemain déjà fané, et lui susurra ces mots qui avaient dû croître à l'engrais inépuisable du Sublime fondamental et inné : Souviens-toi que ta mère est le premier prodige de l'existence qu'il t'ait été donné de voir en ce monde. N'oublie pas de lui dire "Merci", une énième fois, d'être là en ces moments où tu es plus près d'être un souvenir que d'avoir un avenir. Tu pourras remplacer presque à l'infini tes amours, tes amis et tes amulettes, tu ne parviendras jamais à donner à quelqu'un d'autre la place unique et particulière que ta mère a tenue, tient toujours, et tiendra encore, même après que le bouquet fumeux de ce monde défloré aura fané dans les limbes du néant fulgurant où il semble se diriger.

         Tout était dit, au moins pour un soir. Le silence comme la parole se confondaient soudain pour n'être plus que vérité première et inébranlable au milieu de la poussière nocive de la bijouterie loufoque qu'est devenue "la société". Le cœur sait dire ce que la tête refuse obstinément d'avouer. Les actes ont la science primitive de donner vie à ce que les mots s'ingénient à taire. Et la vie sait rendre justice à l'amour le plus désintéressé et le plus immémorial qui soit. Celui d'une mère. Pour le reste, en ces moments où le moindre jardin se transforme en cimetière à ciel ouvert, aucune autre fleur qu'une Pensée n'est à semer. Toute autre fleur qu'une Pensée ne saurait pousser droit comme il faut dans l'esprit dérangé qui trône sur ce front dégarni. 

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