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••• É𝐜𝐨𝐭 𝐝𝐮 𝐒𝐢𝐥𝐞𝐧𝐜𝐞 •••

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😷 Littéra'tueur en série non homologué 😜


Lymphatué parmi Sehr gut

Publié par ¤Fil@ment¤ sur 10 Octobre 2010, 09:10am

Catégories : #Whoever I am not

 

(Liane Foly, d'après Daniel Balavoine - La vie ne m'apprend rien)

 

          Le feu prend sur le lac, quoi de plus normal pour un procrastinateur de première. Pourtant il y a longtemps que par ici tu ne vois ni lac, ni feu. Peut-être un peu de paresse, beaucoup de fainéantise, et immensément de "je verrai ça demain". Tu trouves jolis ces quelques mots jetés comme un fou lubrique sur un agenda suranné : "Le nonchalant pyromane qui ne savait même pas nager". Quelle nullité flemmarde...

C'est dimanche sur le monde, c'est jour de marché, mais tu ne trouves pas de cerveau sur la place. Ce tout petit bout de génie qui remplacerait au moins temporairement l'anarchie de ton intelligence perdue : dans ta tête, le désert, la misère et ce Monsieur Ryser, professeur de histoire-géographie de son état, à la retraite depuis longtemps, et vraisemblablement décédé depuis des années. A la place, rien d'autre qu'un bidonville de neurones erratiques, inutiles et épuisés. Si la peau peut encore se régénérer, les synapses ne sont plus inépuisables, et la bêtise qui t'inonde de plus en plus témoigne, bien mieux que l'Histoire, de ta propension grandissante à colmater des vides fantômes avec des nuées de poussières. Ainsi déboule la géographie fumeuse de ton esprit déliquescent sur la mappemonde de l'insatisfation permanente. Monsieur Ryser avait beau jeu de pressentir en toi une montagne de connaissances absconces, aujourd'hui ce n'est jamais qu'un peu d'Isère sans ses panoramas éternels : des neiges de cendres sur le tablier de la conne essence versatilement humaine, où tu n'es que l'infatué parmi les meilleurs des ignorants sublimes.

Un regard hostile sur la penderie de l'univers (Penderie ? A vrai dire c'est plutôt ce que les gens "normaux" appellent un calendrier), et tu visionnes le jour qui se veut marcher plus bancal que les jours de marché, où les hommes se font bestiaux, où l'argent se rend en monnaie de singe, et où le présentateur d'un journal télévisé extra-terrestre a décrété qu'il devait planter son barnum de bonnes nouvelles sur la place des sans-papiers, des sans-grades, des sans-culottes et des sans-nouvelles-de-dieu. Rien à foutre, dirait-il à Monsieur Ryser, quand celui-ci aurait pu l'enjoindre à effacer les frontières de la géopolitique du pétrole-âne et l'historique des connections aux sites de Q.I. transfrontaliers. Rien à foutre, quand ici et aujourd'hui c'est le 10-10-10 à 10h10 et j'ai un journal du monde à faire pousser au marché. Des victuailles téléréelles à offrir en pâture aux voyeurs aveuglés d'abrutissement par le bas. Fort heureusement, Stephan Eicher, un nouvel ami de longue date, ne veut que déjeuner en paix car Les nouvelles sont mauvaises, d'où qu'elles viennent... Crois-tu qu'il va neiger.... Penses-tu ! Il neige déjà bien assez dans la poubelle de la conscience, rajouter des flocons d'inepties au manteau fractal de l'innocence coupable serait bien présomptueux. Tu en assez fait pour aujourd'hui, pas vrai ? Tu n'es que con, Mister I., et sur ce con je bâtirai une femme. Elle serait géographe à mi-temps, historienne l'autre temps, et marchande de rêves à plein temps. Tout ce qu'il faut pour assurer des troisièmes mi-temps festives à la langueur immaculée de ce doux bordel dominical.

C'est 10h10; les enfants, notez-le, voilà.. Sehr gut, molto bene, muy bien et very good : la misère est si belle au son du pipeau. L'agenda présidentiel est bien rempli de sottises plus grosses que des ficelles qui maintiennent en coma artificiel les nains gigantesques qui nous gouvernent. Bien mieux rempli que l'esprit aseptisé qui est le tien depuis toutes ces nuits chaotiques que tu as passées à regretter Monsieur Ryser, et ce qu'il aurait pu t'apporter, ce jour-là de janvier sous les tropiques, si tu avais su répondre correctement à son devoir d'histoire-géo impromptu.  C'était facile, pourtant, quand tu y repenses : ce n'était qu'un devoir de réserve. Comme celle où tu te caches à cette heure, éperdu des hommes et perdu de toi-même. Lymphatué, dirait ta petite soeur de coeur.

Eteins le jour de marché, allume la bougie autarcique; tu as tout perdu, il ne te reste que le désert, et le calendrier pour encore te faire sourire. Le monde comme souvenir, l'ennui comme enjeu majeur ou avenir doré, et le silence comme ami ultime. La vie ne t'apprend rien. Et surtout pas de bonnes nouvelles, foutu présentateur de mes deux hémisphères cérébraux. Alors, dis-moi : si avec tout ça, il n'y a toujours pas le feu au lac, c'est que tu dois changer de calendrier. Mais même ça, tu le remettras à demain ! La seule urgence, finalement, est d'attendre la prochaine. Elle finira bien par être la dernière, nom d'un chaland. Un nonchalant pyromane qui ne sait même pas nager... Ah, Monsieur Ryser, que votre cours me manque, que Lamartine m'a manqué de peu, et que le feu n'a pas manqué de couler le lac quand l'eau a manqué de feu pour embraser l'avenir des innombrables promesses faites hier de finir aujourd'hui ce qui sera commencé demain. Mais non, y a vraiment pas l'feu au lac, cher nonchalant pyromane qui ne sait même pas nager. 10h10, hein ?

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