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••• É𝐜𝐨𝐭 𝐝𝐮 𝐒𝐢𝐥𝐞𝐧𝐜𝐞 •••

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😷 Littéra'tueur en série non homologué 😜


Lu et à prouver.

Publié par ¤Fil@ment¤ sur 28 Avril 2012, 16:17pm

Catégories : #Fou Aliénor !

          J'ai encore lu quelque chose de toi aujourd'hui. De toi mais ce n'était pas toi, comme toujours. Un  autre écrit, un texte poignant, posé par quelqu'un qui souffre au moins autant que les morts dont il parle, si tant est que les disparus aient à souffrir d'autre chose que d'inexistence. C'était toujours toi dans les brumes d'un rien qui dérange. Encore toi entre les gouttes d'un silence aérien, éthéré, presque plus chandelle que la lumière d'improbable provenance. Toujours toi, toujours. A jamais toi, perdue entre les lignes anonymes, blottie entre deux pages éphémères, lovée tout contre les rayons d'un livre universel. Tu es dans tous les non-dits, les oubliés, les promises, les enfantés, les espérants, les désespérés. On ne parle que de toi, toi qui ne peux répondre à personne, toi qui n'as plus de réponse. Plus pour nous du moins, qui sommes de l'autre bord, le mauvais semble-t-il, irrémédiablement : nous vivons encore.

          Il ne faut plus que je te lise, nulle part. Plus ici. Plus ici où le désert darde si fort derrière le moindre décor où l'homme a cru bon installer l'artificiel et le superficiel. L'inébranlable instabilité chronique, permanente, définitive sans doute à force d'être quotidienne. Je ne renouvelle plus le néant où tu t'endors, je me contente à peine de t'y voir gisant aux quatre coins d'une page, d'une chanson, d'une prière. D'un partout qui ressemble tellement à nulle part, d'un ailleurs vers où convergent tous les départs, les arrivées, les statiques comme les mobiles. Un ailleurs sans frontières, un endroit où loger ce qui ne rentre pas dans les souvenirs. Un pays qu'on nomme Absence mais qui n'accueille plus que ceux dont la mémoire se limite à la douleur d'avoir à se réveiller demain. Mon échelle du temps a depuis longtemps rejoint la tienne, la seule différence est que je ne suis voué qu'à passer dessous, toujours; et toi dessus. Toujours. Je ne peux plus te lire depuis que j'ai cessé de t'écrire. On ne parle que de toi, et ça, ça me tue. Plus lâchement et plus insidieusement que ce qui t'a tuée, toi. Toujours. On ne parle que de toi et je ne veux plus lire, ni entendre, ni voir. Tu es dans trop de silences, dans tellement de silences que j'en ai mal à la tête. Meurs-moi avec toi, s'il-te-plaît. Que je voie, enfin, comment vivre mieux que mon ombre. Mieux que dans ton ombre. De l'autre côté. Là où les vivants ne parlent que de nous même quand ils ont tout fait pour continuer à naître, vivre et mourir. L'Absence est ce pays où j'apprendrai à lire un peu de ta douleur. Toujours. On y fera des enfants pour qu'ils parlent de nous et du déni de nos errances tendancieuses. On y fera des enfants pour qu'ils puissent, enfin et pour toujours, renier leur ascendance. Je ne lis plus. Seuls les mots que me chuchote le silence me parlent encore de toi. Et ils se trompent de destinataire. Encore. Toujours. Je vis à travers toi, je suis toi, toi comme tant de milliers d'autres qui t'évoquent et t'énoncent, sans jamais toucher plus loin que la poussière. Je suis l'Absente, et je file si vite vers l'inconnu que j'ai depuis longtemps dépassé mon ombre au milieu de toi. A bientôt.

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