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••• É𝐜𝐨𝐭 𝐝𝐮 𝐒𝐢𝐥𝐞𝐧𝐜𝐞 •••

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😷 Littéra'tueur en série non homologué 😜


Le détestament (2)

Publié par ¤Fil@ment¤ sur 19 Avril 2013, 22:06pm

Catégories : #Whoever I am not

 

          (...) Ce soir, je vais partir. Une dernière larme pour éclairer ma poussière, et puis je tombe. Comme il fait beau sur les ombres que je quitte. Comme il fait beau sur les silences où je vais. Plus de folie, plus de génie, plus d’amour : que de la sublime souffrance habituelle qui colle si bien à la silhouette que j’ai tellement habitée. Je ne puis me retourner sur la vie qui brûle, je ne veux plus me détourner du seul but qui brille dans ma nuit lointaine : pactiser avec moi-même, coexister enfin avec celui qui m’a donné son prénom quotidien, si plaisamment quotidien. Un néant qui justifie son essence, un vide pour remplir le rien où je resplendis. Je vais partir, petite pluie qui me rend presque beau de l’autre côté de ses cristaux. Je vais partir, et je ne t’emmène plus qu’avec moi, personne d’autre n’a voulu t’accompagner ; il ne reste que du vent dans l’oubli de ce que tu seras, à peine bientôt, dans la seconde qui suivra. Elle ne nous suivra pas pourtant, même elle nous a trop aimés. Je vais partir, mon âme, ma douleur, petite fragrance de l’absurde, personne ne sait combien il ne faut plus avoir mal. Ne plus avoir mal, là, nulle part parmi tout mon être, partout au milieu de moi, ci-gît le cosmos, mon dieu que la vie est magnifique quand on cesse de la crever à petits feux. Je vais, je dois partir, pardonne-moi mon amour de n’être que haine de particules. Partir avant d’être heureux, partir d’ici, de là, à partir de maintenant et jusqu'à toujours. Avec toi mon oubli, mémoire d’atmosphère, petite fleur qui pousse, qui pousse, qui me pousse si loin de celui que je n’ai jamais pu être. Partir pour permettre à l’existence de témoigner qu’elle fut un petit peu mienne, plus d’une larme à la fois, mais jamais moins d’un cœur en même temps que ceux qui battent, la campagne comme la mesure, l’adversaire comme la coulpe : tout est merveille pendant que je t’observe, ô toi ma délicieuse absence. Je vais partir avant que je meure, partir pour n’avoir pas à mourir plus souvent que qui j’ai été. C’est un doux sourire que la parenthèse d’une vie dans l’ailleurs qui m’appelle, ce que vous êtes divins dans mon souvenir. Ne pleure pas miroir, ce soir tu as enfin trouvé la meilleure raison qui soit pour te briser. Te casser loin de l’image que je ne vais même pas te laisser, j’ai le temps encore de consumer ce qu’il te reste de poussière de moi. Ne me demande pas si ça fait mal, lorsqu'on est brisé : ne jamais réfléchir, surtout pas ce soir, surtout pas face à ton miroir, et jamais plus fort que ne le permet la lumière, et le temps qu’il lui faut pour me traverser l’esprit. La matière. La matière à rire, la matière noire de monde, mille et moi matières. Et la table qui allait si bien avec. Je vais partir, péter la gueule à l’amour qu’on m’a refusé, liquider tous ces cons de nerfs qui se sont mis en travers de mon labyrinthe de souvenirs et de promesses. Je m’absous. Partir plus beau que vivant, partir moins idiot que demain. Partir pendant que je suis aussi éternel que le flocon de neige où j’ai ardemment défloré la dernière illusion que m’avait octroyée celle qui sait. Je vais partir. Mais quel con. J’allais partir sans mon portable. (...) 

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