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••• É𝐜𝐨𝐭 𝐝𝐮 𝐒𝐢𝐥𝐞𝐧𝐜𝐞 •••

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😷 Littéra'tueur en série non homologué 😜


Le détestament

Publié par ¤Fil@ment¤ sur 16 Décembre 2012, 06:34am

Catégories : #Whoever I am not

 

 

          Je sais depuis longtemps que je n'écrirai jamais rien de beau, d'utile et de vrai. Voici l'aurore où je connais ma folie, et je sais mes lourdeurs, mes carences et mes limites. Mais c'est aussi cette aurore où la fleur bleue emplie de bons sentiments - cette logorrhée mièvre et enrubannée de guimauves si communes - me sied idéalement. Je sais tout cela, et bien davantage les vents contraires. Je sais, aussi et surtout, les plus sublimes mots que mes mains n'aligneront jamais. Parce qu'ils sont, depuis toujours et bien après mes petits jours, ancrés loin dans ma tête, et n'en sortiront qu'une fois que je ne reviendrai plus. Je le sais. Par cœur, d'instinct et par-delà toutes mes innombrables tentatives aussi vaines que puériles de vouloir extraire un joyau du néant absolu. La seule gemme qui jamais n'aura à éclore est paradoxalement celle qui, apparente ironie, aurait pu pourvoir à mon salut. Mais je lui sais gré de toujours rester là, tout près de l'inaccessible, comme veillant au grain d'une impossible délivrance. Car malgré tellement de scories, de boursouflures et de faux-fuyants, je conserve intacte la joie, destructrice autant que libératrice, de n’avoir rien d’autre à partager que les pâles rayons qui découlent de ce petit soleil intérieur. Qu’aucune de mes morts par contumace ne réussira à consumer. Voilà pourquoi parfois je lègue, entre deux petits nuages de répit, un océan de tumultes à ceux qui pourtant ne méritent strictement rien d’autre que toute la puissance de l’amour dont je suis encore capable. Dont je me sais encore possible. Voilà pourquoi, si ce soir, demain ou dans mille pages planches, je dois enfin partir sans retour, il faut que je montre à ces gens que j’ai abandonnés sur le chemin d’un calvaire dont je suis seul responsable, combien ils vont me manquer. Et à quel point il est futile d’offrir ce qu’on ne sait pas fabriquer, autrement qu’en remontant à la source, primitive, animale et inexigeante, qui seule sait rendre l’intensité, l’intégrité et la pleine mesure de cette chose étrange qu’on nomme Amour, dans l’acception la plus globale et universelle qui soit. (...)


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