Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

••• É𝐜𝐨𝐭 𝐝𝐮 𝐒𝐢𝐥𝐞𝐧𝐜𝐞 •••

••• É𝐜𝐨𝐭 𝐝𝐮 𝐒𝐢𝐥𝐞𝐧𝐜𝐞 •••

😷 Littéra'tueur en série non homologué 😜


L'autre moitié du Monde (3)

Publié par ¤Fil@ment¤ sur 19 Avril 2012, 19:58pm

Catégories : #Whoever I am not

         Souviens-toi. Qui que tu sois pour moi, souviens-toi : l'un de nous bientôt partira. Semelles de vie bousillées par l'enclume d'une respiration trop frêle, nous ne vaincrons point. Comme je t'aime ici-bas, rien ne le dira. L'absurde, même pas. Même plus. L'un de nous bientôt partira. Plus aucune souffrance ne nous niera, et je n'ai rien dit de nous au silence qui déverse son flot d'abstinence, partout où les ombres devancent les pas. Froid. Froid intense, nos cœurs dérivent. Mon ange, retiens-moi, juste une éternité, pas une de plus. Mais froid... Qu'est donc devenue l'horreur à présent. On ne se manque plus, mon amour, ma douleur et mon serment; on ne se manquera plus. On se contentera de se louper, une dernière fois avant la prochaine, une ultime flèche à l'azur de nos cœurs si lourds. Si impurs. Si morts. Rappelle-moi ce qu'est l'aimance inexacte, souviens-toi que nous n'aspirons qu'à la poussière. L'un de nous bientôt partira. Mais, si froid... Regarde, Mère, comme gicle la lumière du tombeau dont ils ont fait leur or quotidien. (Surtout pas de peur, de père ou d'impairs : la mer seule a su tout combler, remplir l'horizon plus que de vagues souvenirs, écumes d'une époque trop rude.) Pleure, pleure encore mon enfant, nulle vie ne t'existera jamais, nulle absence ne te justifiera; et ne feins pas, pas tout de suite, cet amour immense que je t'avais donné, si longtemps avant les étoiles. L'un de nous bientôt partira. Frère, frère aimant, aimé, si rassurante pondérance, frère où brûlent tous ces instants sans mots que je n'ai su dire d'Elle. Sœur, sœur de si radieuses commissures, soeur vois combien les chandelles n'ont pas fini d'envier ton sourire. Petit oubli. Grand froid. N'y larmoient rien d'autre que joviale inconstance et éternelle absence. Frontières. Du gris à chaque barrière. Mon amour, mon amie, ma tangente fractale. Glissent les heures, l'un de nous bientôt partira. Personne à chérir plus loin que l'embarras. Que la lumière s'allumette, et qu'on nous abandonne du papier et du vin et du café et du silence sur la page blanche de peur. Froid, pas d'angoisse, point de chute, de non-retour, de saturation, de restauration, point à la ligne de mire. Tu m'enchantes. Mais ce que tu manques. L'un de nous bientôt partira. L'un de nous bientôt partira.

(...)


Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

Nous sommes sociaux !