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••• É𝐜𝐨𝐭 𝐝𝐮 𝐒𝐢𝐥𝐞𝐧𝐜𝐞 •••

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😷 Littéra'tueur en série non homologué 😜


L’autre Moitié du Monde (2)

Publié par ¤Fil@ment¤ sur 20 Septembre 2010, 15:18pm

Catégories : #Souven@nces ()

 (Grant Lee Buffalo - Fuzzy)

 

         Tu sirotes encore un de mes nuages, et quelque chose m’assure que la pluie viendra bientôt chasser tes dernières errances par ici. Tu ne sais pas construire les nuages, et tu ne sauras jamais. Moi j’ai appris, sur le tas de mes souvenirs, je n’avais plus que cela à rêver pour descendre de ton arbre. C’était maintenant il y a si longtemps. Trop longtemps, combien de fois te l’ai-je martelé, combien de temps devrai-je encore me l’asséner ?

Mais jamais assez longtemps. Car longtemps n’est que virgule, virgule à ton image. Pourquoi ne m’as-tu pas cru lorsque je t’assurai qu’il y a mille ans d’ici, aucun être en ce monde n’avait plus de réservoir d’aimer que le puits sans fonds où j’arrimais mon cœur ? Et pourquoi dis-tu que cela ne peut se perdre ? La différence, puisqu’il t’en faut une pour accoucher d’un aveugle pardon, est qu’aujourd’hui, le règne animal a pris le dessus : à présent, personne, absolument personne, ne peut se dire à ce point déshumanisé qu’il ne reste plus de place pour l’offrande d’aimer. Je défie quiconque de savoir désaimer pire  que mon absence. Et, de même que tu es belle à voir filer parmi les étoiles d’une éternité qui se meurt, de même suis-je laid à jongler avec les nuages, à slalomer parmi les rubans ouatés d’un ciel d’hiver en approche : c’est l’ataxie  des hautes altitudes où l’eau ne condense plus que les songes à venir. Elle a le temps pour ça. Et le temps n’est que virgule, virgule à ton image. Ne pleure pas, ce ne sont que des nuages, il est impossible de pleurer plus fort qu’eux. Et toi qui aimes tant voguer dans les bas-fonds des sphères,  c’est en bas que tu verras couler les rivières de ses impossibles méandres d’aimance.

Il est temps, semble-t-il, de se saluer. Je le fais depuis longtemps, depuis si longtemps que le temps lui-même en devient image à ta virgule. Un pont-entonnoir qui relit les pages de deux mondes distincts comme on relie des chapitres de deux vies qui ne formeront jamais un roman intégral. Ce n’est qu’une question de temps avant de savoir chasser les images, les virgules et les temps, et mettre un point final à cette autre Moitié du monde où je demeure parenthèse au milieu de crochets ébahis par la syntaxe des amours égarées.

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