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••• É𝐜𝐨𝐭 𝐝𝐮 𝐒𝐢𝐥𝐞𝐧𝐜𝐞 •••

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😷 Littéra'tueur en série non homologué 😜


Knight of Nights (Jeu de pistes)

Publié par Fil@ment sur 25 Novembre 2009, 04:30am

Catégories : #Souven@nces ()

 

 

(...)


          A la sortie des nuits, on comptait les étoiles. Ton cœur pesait cent tonnes, le sien roulait trop vite. Nous étions beaux à voir, si près de nos cadavres. Les nuits étaient en boîtes, les boîtes étaient ennui. Prêts à mourir pour elles, mais pas près d'en mourir, se turent nos mémoires, ultimes mélomanes, pour contempler la piste : l'agonie du silence, lorsqu'il se fait pesant, si lourd de décibels. Une piste improbable, une ombre à ton tableau. La piste de nos jeux ; des jeux à dépister. Notre piste aux étoiles...
          Nos yeux crachaient le feu,  le feu de nos délires, pris en flagrants délices, là, posés sur le sol maculé de nos vices. Il fallait naître un monde, pour pouvoir le détruire ; il fallait tuer le temps, pour survivre à la nuit. Rien ne fut inutile, ni le ciel ni la terre, ni l'amour ni l'orchestre : philharmonie du vide, chorégie du destin. Tu n'étais que poussière avant même une danse ; il fut ton sarcophage au bord de ta folie. Tu réclamais un dû, comme un dernier défi avant l'oracle ami. 'Une dernière transe', soufflaient les décibels ; et la nuit est si belle, et la mort qui t'appelle, et l'amour te rebelle, et il est sans nouvelles, et... Et puis, s'en saoul, viens ! s'en va la nuit prochaine, s'en retourne le temps, s'enfuit sur les chemins comme un bandit manchot. Te survint la question que posaient tes valises : qui change de costume à l'abri des étoiles ?
          Troublante solitude. Jusqu'au bout de la nuit, jusqu'au bout de l'ennui, jusqu'au bout de toute heure. De la veuve à quinze ans au néo-grabataire, tout n'est que contumace. Un livre à ciel ouvert, un tombeau sans momies. Trop simplement, des masques. Et puis, des maquillages ; quelques menues façades ; des souvenirs par bribes, et d'odieux coquillages. Mais rien de transcendant. Rien, en tout cas, qui vive assez longtemps pour choir le soir au coin du feu, au milieu de la piste.
          La pendule est à l'heure. Le soleil translucide un peu de nos rivières, le fard brille à ta joue. Mais à quoi joues-tu donc, ivre de sa lumière éblouie dans l'orgie  où nous croulons cent vies ? Le cosmos est bougie, le vide est plein de riens quand il se plaint de tout. Silence inébranlable... Infatigable mort. Admire ce spectacle : ton cavalier perdu, éméché de secrets d'absinthe sans alcôve ! Il cherche sa voiture, ne trouve que son sang, il est perdu te dis-je : il ne sait pas conduire. Ne sait pas se conduire. Des chars de pestilence. Un charme en résilience. Pour ce qu'il en restait..
          La brume est insouciante, elle envahit la nuit jusqu'aux limbes de l'âme. Ton cavalier se meurt, et se transforme en fou pour les yeux de sa reine. Sur l'échiquier sans dames, il a damné son corps pour mieux perdre la tête.  Las, il perdit bien plus, et son âge et son temps. Où diable eût-il la tête, un jour froid de décembre ? Ne sois pas effrayée, il dort tout près de toi, assoiffé de musiques, de vins et de brouillard. Et depuis, nous jouissons. Nous hibernons le ciel, allumant les étoiles et éteignant nos plaies. Nous hébergeons l'ennui, votre profonde angoisse. Car nous vous saurons gré, jusqu'à n'en plus trahir le plus froid des néants, d'avoir dompté la nuit au point d'y séjourner de toute éternité.

          Veille sur ta princesse, cavalier éperdu ; et toi, belle de nuit, souviens-toi de creuser d'autres feu souvenirs. Et, pendant votre absence, nous conduirons le char, la voiture et les bœufs. Et même les chevaux sous les cieux étoilés de votre accoutumance, harnachée au comptoir de la piste aux étoiles : des stars en devenir, néant sans avenir ; des supernovae rouges. Écarlates ; éclatantes. Mortes depuis des lunes, là d'où nous vous parlons.


(...)


Tu manques à mon étoile. Tu manques à mes silences.
Combien de nos survies manquent de nous éteindre ?

Une nuit sans étoiles, une étoile s'ennuie;
Prête à mettre les voiles, la voilà qui s'enfuit...

 

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Phoceane 26/11/2009 00:02



Les fées des astres?
Il est de ces étoiles qui nous embrasent tant leur éclat nous atteint au profond de l'âme,elles inventent pour nous des poèmes où le rêve s'invite mais quand est-il au matin..?
Dis chevalier..conte nous encore les romances de ta voie lactée..
J'aime beaucoup!


 


 



Fil@ment 26/11/2009 15:10



Tes commentaires sont d'autant plus précieux qu'ils sont rares. Merci, M'dame Cassis des Calanques.



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