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••• É𝐜𝐨𝐭 𝐝𝐮 𝐒𝐢𝐥𝐞𝐧𝐜𝐞 •••

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😷 Littéra'tueur en série non homologué 😜


Expédients (?) relatifs (??)

Publié par ¤Fil@ment¤ sur 17 Septembre 2010, 17:11pm

Catégories : #Whoever I am not

          L'essentiel est survivre. Quand il n'y a plus d'amis, d'amours, ni d'âmes; qu'on a gaspillé tous les quotas de cartouches, de chances et de jokers; qu'il ne reste que du temps pour se lamenter et des remords pour s'apitoyer; que les chemins multiples finissent inévitablement par déboucher sur une seule et même voie de garage, une impasse, un point de non-retour… quand plus personne ne peut ou ne veut comprendre la part de diable qui coule en nous puisqu'on ne peut ou ne veut plus montrer la part d'ange qui faisait notre originalité, notre spécificité, notre exceptionnalité; qu'il n'y a aucune autre excuse à trouver à sa faillite que sa propre incapacité à vivre et à donner de Soi à Autrui… Alors, songer à l’Essentiel, à survivre et à une grappe de poussière.

Quand seule une musique nous ramène à la réalité des êtres chers, qu'une image nous rappelle l'existence de nos congénères; qu'un son nous remémore la voix des disparus; quand le cœur brûle et pleure et s'enflamme de ne savoir se consumer totalement pour rendre justice à l'Homme, à l'Humanité, à la Vie; qu'un cri immense venu du fond des entrailles, comme arraché du fond des âges, nous commande de nous battre, de persister, de vouloir vaincre, sans forcément gagner, et que le souvenir de nos mères est toujours plus fort que l'adversité à venir, sans doute faut-il à ce moment-là tracer un chemin, décider une bonne fois pour toutes d'être éveillé, réveillé, vigilant et définitivement se déclarer apte à survivre, à aimer et à partager ce qu'il reste à ne pas manquer. Peut-être faut-il découvrir l'urgence de commander à sa nature qu'elle soit plus forte que l'égoïsme -qu'il soit inné ou acquis - qui la soudoie malgré elle, qu'elle sache gratter par-delà le miroir dont on a recouvert et son âme et son corps, pour tenter d’en extirper la présence primordiale. La bienfaisance innée. L'humanité... Apprendre ou réapprendre à s’apprivoiser, savoir marcher suffisamment droit pour aller au-delà des scories générées par force tempêtes, intérieures autant qu’extérieures, et se reconnaître, là, au milieu des auto-épouvantails disséminés sur le champ de ses soupirs comme autant de clones de Soi qu’on a reniés, dédits, répudiés, condamnés. Pour finir par comprendre que ce ne sont que parties de nous qu’il faut bien accepter, sous peine qu’elles prennent définitivement le contrôle sur une existence que nous avons passée tant d’autres existences à rejeter, à dénier, à maudire, et parfois, souvent, inévitablement même, comme mécaniquement, à devenir un nouveau Soi. Cet être-autre qui vient toujours pleurer sur les épaules désossées d’un souvenir d’un Autre qui ne viendra plus si on en enfouit, toujours plus profondément, et toujours plus insidieusement, l’Essence.

L’essentiel de Soi : Survivre. Survivre parmi les ombres de Soi, ces renégats de l’Âme qui ont grandi avec nous ; qui ont même mieux crû en nous que nous ne croirons jamais en tellement de Nous. Que croissent les espoirs comme croassent les têtards qui germent dans la mare primaire de notre connivence avec l’indicible, et jamais nous ne retrouverons la face aimante qui seule justifie que l’on peut encore se qualifier d’humain. Ou de ce qu’il en reste lorsque l’habitude du mal prend le pas sur le choix ultime que l’on a toujours face à l’adversité, quelle qu’elle soit, d’où qu’elle vienne, et quelque nom qu’elle prenne pour masquer son dessein nauséabond. Survivre à l’Essentiel quand tout ce qui compte encore aux yeux du Vivant est biaisé par les contingences ; quand l’argent, le pouvoir ou les beaux yeux de la voisine semblent plus attractifs que le devoir de se compter au rang des êtres dignes de ce nom ; et que le seul souvenir que l’on risque de laisser à ceux qui ont tant compté pour nous, mais que nous avons tant déçus, consistera en une amertume teintée de regrets pestilentiels d’une existence gâchée par le non-être. Le non-savoir Vivre. Le refus irrésolu de l’Essentiel.

Quand il n’y a plus qu’une prière à adresser aux icônes qui nous servent encore de repères, d’épaules, de dieux ou de coffres-forts, c’est encore au fond de l’abîme que l’on retire de Soi-même que doit pouvoir renaître le goût ultime de surnager dans le marécage de tous ces immondices où baigne l’Être glauque que l’on se doit de refuser de devenir. Juste, accrocher l’Essentiel, et laisser le reste à ceux qui n’ont aucune question à se poser sur l’absurdité merveilleuse et le précieux ordinaire d’honorer la Vie.

Quand le Soi permet à la malfaisance acquise de bafouer la bienfaisance innée, le seul espoir que l'on peut s'autoriser est de ne pas en exterminer des multitudes juste pour n'avoir pas à reconnaître qu'on s'est perdus, et que la meilleure (?) façon de ne pas y penser ne saurait consister qu'en éliminant tant de visages qui nous rappellent notre propre déchéance, notre propre honte, notre dégoût, notre foi perdue, notre ignorance, et notre oubli de l'Essentiel. Survivre au milieu de Soi. L'Essentiel est Survivre; survivre à l'Essentiel. Le reste habite au 3, allée Sanssièl.

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