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••• É𝐜𝐨𝐭 𝐝𝐮 𝐒𝐢𝐥𝐞𝐧𝐜𝐞 •••

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😷 Littéra'tueur en série non homologué 😜


eScArMoUcHeS

Publié par ¤Fil@ment¤ sur 1 Août 2009, 19:18pm

Catégories : #Souven@nces ()

Caty & Léo, mai 2009          Je voulais te faire rire. C'était inutile : tu ris dès que tu me vois... Parce que tu m'aimes : nous avons ça en commun. De rire et d'aimer ; d'aimer rire et d'aimer en rire. D'aimer à en rire. Tu m'as souri, chose que tu fais mieux que personne (dont j'ignore toujours le nom exact !). Tu me souris, et j'adore ça. Mon coeur se fend à te voir me sourire sans faille, et je prends le premier nuage qui se présente pour voler à ton aise. Je plane lorsque tu malices ton regard sur moi. On ne peut résister à une telle attaque de fou rire. De sourire. Et, plus je te vois, plus je regrette de n'être pas resté un enfant. Et, surtout, je regrette que tu ne sois pas mon enfant. C'est une de mes blessures, mais tu n'en sauras rien. J'aurais tant aimé être père. Et, ne pas l'être, me ramène à ma "raison", ou à ce qu'il en reste en cette heure où "ils" m'ont appris ce que je craignais de savoir; cela rajoute autant à ma peine qu'elle m'en ôte afin que je me rassure : je n'aurais pas été un bon père pour toi. Ni pour toi ni pour personne. Je n'aurais pas su donner autant d'amour qu'exigent ces affres qui à nouveau viennent s'acoquiner avec moi, à mon grand dam, à mes dépens, et à ma honte. Je savais déjà ne pas mériter grand-chose, mais je ne pensais pas mériter cela. Cette injustice-là est la pire qu'il pouvait me tomber dessus, mais, finalement, je préfère n'en voir que le côté optimiste : tu n'auras jamais à te plaindre de moi. Enfin, je fais du moins ce voeu-là... !

         Lorsque tu seras plus grand, tes parents sans doute te parleront de cet être étrange qui fut qui ton oncle, ou le meilleur ami de ta mère, ou encore ton parrain ou même ton père "spirituel" : je ne voudrais pas qu'ils te mentent en enjolivant ce que je fus, je voudrais juste qu'ils te disent que, malgré tout, malgré tout ce qui faisait de lui 'quelqu'un' que même lui ne comprenait pas, il t'a aimé. Plus fort que ses longues tirades incohérentes n'en disaient jamais. Mais bien moins fort que ses silences apeurés ne l'avouaient. Du fond de moi je t'ai aimé.
Dors, mon enfant, dors et rêve de moi. De juste un bout de moi. De ce père que je ne serai jamais. Et, surtout, de cette mère que j'aurais tant souhaité te présenter.


          Il y aura toujours un peu de moi dans les regards souriants que tu porteras sur les dessins que tu composeras à l'aune de ta vie, et tous les chemins que tu emprunteras seront -juste un petit peu !- dictés par le souvenir que tu garderas de moi, de façon plus ou moins consciente, éveillée, voire fantasmée. Car j'accompagnerai chacun de tes rêves, ce sera ma façon à moi d'être ce père que je ne puis être.

Et lorsque viendra pour toi le jour de donner le jour, n'écoute pas la nuit et montre-toi sous ton meilleur jour : sois un père aimant et tolérant, pardonne tout sans tout excuser.

Je te regarde encore, tu me souris toujours, et tu ne sauras pas pourquoi j'ai si froid à l'intérieur. Alors je  détourne la tête, dépose un baiser tendre sur ton front, te murmure quelque chose que seul toi peux comprendre, et je m'enfuis.  J'ai essayé, je te promets, pourtant lorsque je m'y suis sérieusement attelé, les vers de mes années de disette affective avaient déjà fait leur 'oeuvre' dans le fruit de mes entrailles, et rongé la chair qui aurait dû être tienne. Et je ne puis m'en prendre qu'à moi-même. Seule une mère peut comprendre cela. Tu vois, je ne souffre plus. Ton sourire éternel et innocent et espiègle et exigeant me guérit autant qu'il accélère mon parterre.
Car il me fait penser à ta mère..
Il me fait te parler de ta mère..

Tu sais, petit, ta mère était l'être le plus humain que l'humanité faite homme ait jamais déshumanisé. Une créature  qui, lorsqu'elle traverse ton existence, te rend "heureux". Au sens de : te rend ce dont les hommes t'ont privé : le bonheur. L'amour. L'espoir. La simplicité. La beauté.... La VIE.

Que la tienne soit aussi belle que cette créature-là, que tu n'as pas connue, et c'est de ma faute : c'est pour cela que je m'enfuis. Loin de ton sourire. Si loin de ta mère. Qui est si loin de moi. Mais, écoute encore mon coeur : il te sourit, il te sourit ! Et toi, "mon" enfant, souris à la vie, elle te le rendra. 

 

28 nov. 2005

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