Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

••• É𝐜𝐨𝐭 𝐝𝐮 𝐒𝐢𝐥𝐞𝐧𝐜𝐞 •••

••• É𝐜𝐨𝐭 𝐝𝐮 𝐒𝐢𝐥𝐞𝐧𝐜𝐞 •••

😷 Littéra'tueur en série non homologué 😜


Chameau d'excuse

Publié par Fil@ment sur 17 Février 2010, 03:22am

Catégories : #Souven@nces ()

(souvenir du temps d'Avant)

          Sept heures cinq, pas rasé, mal habillé, douché à la va-vite, il va être en retard. C'est si rare... Panne de réveil. Mais il a pris soin de prévenir son lieu de travail, dès son lever, quand il a vu l'heure enfuie. Consciencieux, même dans son état comateux.

Il n'a rien fait la nuit dernière qui puisse expliquer son non-matin. Et nul besoin, d'ailleurs, de se chercher des raisons, des excuses, des faux-fuyants. Il sera en retard, c'est dit, inutile d'en rajouter, de se dépêcher ou de cavaler pour prendre la route, surtout que la rocade à cette heure-ci est congestionnée. Il serait stupide de risquer d'avoir un "banal accident", comme disent les journaux, juste pour pouvoir gagner une minute, alors qu'il ne sera pas à l'heure quoi qu'il arrive.. Il n'est plus à une minute près, et ses collègues le comprendront... ils le connaissent, il est honnête dans son travail, et ne louperait jamais un service, même si, à l'instar de tous, il y vient à reculons ! 

         
Pourtant, il recule, ce matin. Tout près de la porte, alors qu'il allait y insérer la clé pour la refermer derrière lui, il tourne la tête. Inquiet et dubitatif. Elle le regarde. Allongée sur le lit, comme presque toute la nuit. Presque toutes les nuits. Elle semble perdue entre les méandres de leurs draps communs. Il ne saurait dire ce qu'expriment ses yeux. De la tristesse, sans doute. De l'angoisse, peut-être.

Et du dépit, certainement. ...
Il ne peut soutenir ce regard. Il pose son sac, marche vers le lit comme s'il devait franchir une frontière inaccessible, s'asseoit tout près d'elle... et ne sait pas quoi dire... !!  Comprendrait-elle d'ailleurs ? Il lui semble qu'il y a longtemps qu'elle s'est résignée à ne plus tenter de le comprendre. Alors il se penche, lui frôle le dos de ses doigts incertains, nerveux. Il lui caresse la joue (d'où aucune larme n'a jamais coulé, il s'est toujours demandé comment elle arrivait à ne pas pleurer, jamais), la voit esquisser ce qui peut s'apparenter à un sourire. Lui dire qu'il l'aime aurait-il encore un sens ? Elle le sait de toutes façons, combien de fois se l'était-elle entendue dire ? Une fois de plus, une fois de trop, quelle importance ?
Il se prend la tête à deux mains, car il sait qu'aujourd'hui encore, elle ne décrochera pas un mot. Il a toujours parlé pour eux deux : la communication n'a jamais été son fort. Mais il ne lui tient jamais rigueur de son mutisme forcené ; il savait à quoi s'attendre le jour où il l'avait rencontrée, chez un de ses amis, quelques années auparavant.. 

         
Que le temps a passé vite... Le temps ! Avait-il failli l'oublier, l'horloge de la chambre se charge de le lui rappeler : au bureau, ils vont commencer à sérieusement s'inquiéter !

Sept heures vingt-huit, il l'embrasse à peine, plutôt l'effleure de ses lèvres, puis se lève et reprend son sac. Juste avant de fermer la porte définitivement, il se retourne une dernière fois. Toujours cette tristesse innée dans les diamants de ses yeux. Et toujours ce silence si parlant.. Pourrait-il en être autrement ? La parole, la conversation, ne sont jamais aussi simples qu'on le prétend.
Et, si réellement il veut pouvoir correspondre avec elle, il faudrait qu'il apprenne à miauler.
Allez, bonne journée, le chat !

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

Phoceane 02/03/2016 03:32

Plein de tendresse dans ce silence là,une pensée pour Elle (f)

Filaments 20/05/2016 10:23

(Merci, pour "Elle")

Poukoé mon nom 01/03/2010 20:34


merci


Poukoé mon nom 26/02/2010 19:50


Trop d'émotions à la lecture de ta "prose".
Don Francisco me dit souvent que je ressemble beaucoup à Ph, je crois plutôt que c'est l'inverse, et connaissant Don F., je suppose qu'il fait exprès de le dire dans ce sens...
C'est une façon "littéraire" que nous avons de montrer que tout est vanité et qu'il ne faut absolument pas se prendre au sérieux...
Chacun s'exprime à sa façon..et certains, très sérieux, doivent pas être faciles à vivre tous les jours...D'autres, pas sérieux du tout, l'assument entièrement... D'autres n'assument rien du
tout...
Alors on fait ce qu'on peut pour survivre, car jusqu'à preuve du contraire, je ne comprends pas bien ce je suis venue faire sur cette planète . Alors, autant brasser de l'air à droite en le pompant
à gauche ou vice-versa..




Fil@ment 01/03/2010 14:24


Chuut, on a dit que tout était dit :)
@ bientôt


Plus d'images sur marline.centerblog.net.



Poukoé mon nom 25/02/2010 23:21


Pour une fois, j'ai tout de suite compris.
Je l'ai mis sur Fessebouc : sur sky, partout, ils te mettent des liens que ça devient une prison! plein de liens, partout, ça se croise, s'entrecroise,se décroise, se recroise...
Croise en moi !!!!


Fil@ment 26/02/2010 04:41



Mais où diable as-tu pêché cette idée récurrente de vouloir mettre sur ton blog les conneries que je débite ici ?!? ça ne sert strictement à rien, crois-en mon expérience : les gens n'en ont rien
à fiche de ce qu'on écrit, j'en ai eu la preuve plus d'une fois ces derniers temps. Et je ne peux leur en vouloir : je n'écris pas comme l'on devrait, et c'est mon drame, snif snif, que c'est
triste Venise...  
Tiens, tu vois, j'avais supprimé l'accès pendant une dizaine de jours, énervé que j'étais de la réaction complètement radicale de certains (oui je sais, suis très idiot comme gamin !), ou au
contraire de l'absence totale de réaction de ceux à qui étaient supposés s'adresser mes pseudo-messages de soutien. En fait, ce n'était pas vraiment bloqué, juste filtré : il suffisait de
demander un code, que j'aurais donné avec plaisir. Mais non, penses-tu ! Rien à fiche, te dis-je ! Et je les comprends, figure-toi ! Et même, paradoxalement, ça m'a comme "libéré" : au fond, pour
qui, pour quoi est-ce que j'écris ? Certainement pas pr la gloriole, la reconnaissance ou autre chimère éphémère. Ni même pour exorciser ou cautériser ou calmer je ne sais quelle angoisse
profonde (allô Docteur, moi avoir bobo dans la teutêh !!). Je crois que j'écris pour, précisément, me remettre perpétuellement à ma place, et me rappeler que je ne sais pas écrire, justement. Et
je m'en fous, là n'est pas l'essentiel; on passe le temps comme on peut, hein !
Bref, tout ce charabia pour te dire que je ne suis nullement aigri, bien au contraire : ça me fait chaud au coeur de voir qu'il reste quand même quelqu'un qui vient me faire l'amabilité de
supporter (!!) mes lignes absconses. Je t'accorde que ce n'est pas l'idée que moi-même je me fais de la littérature, pas plus que toi (puisque je connais tes goûts, hé hé), mais au moins il y
aura juste quelqu'un pour témoigner qu'entre les lignes, il y avait un type (certes bizarre... ) qui n'avait
pour seule et unique ambition que d'aspirer à la Vie par-dessus tout. Que ce quelqu'un ait réalisé que moins on comprenait ma prose douteuse, et plus on percevait qui j'étais. Que derrière
les 'silences', 'vides' et autres mots récurrents qui ont le don d'apparaître ici, il n'y avait que l'inutile mais totale volonté de se raccrocher à ce qu'il restait. Je suis heureux qu'il reste
encore quelqu'un. Et autant qu ce quelqu'un soit toi, ma Mère. Tu me connais mieux que personne. Je t'aime. Il n'y a plus guère qu'à ma famille que j'ai décidé de me raccrocher : trop de gens
m'ont déçu, au moins autant que je les ai déçus, je suppose...
Oté, ékout in ti kou morso-là d'Apolonia : Mi sant' po ou Momon, èk l'ôt' là ossi : I fo viv'Tout est dit. N'est-ce pas ?



Nous sommes sociaux !