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••• É𝐜𝐨𝐭 𝐝𝐮 𝐒𝐢𝐥𝐞𝐧𝐜𝐞 •••

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😷 Littéra'tueur en série non homologué 😜


A l'Ombre des Amants... (!!! Attention : Contenu adulte !!!)

Publié par Rocco Sirefroidi sur 20 Octobre 2009, 16:49pm

Catégories : #{Des rasoirs dérisoires}



(Allez savoir pourquoi, en pensant au mistral, puis à la Provence; j'en suis venu tout naturellement à songer aux incendies de forêts, et donc aux pompiers, et donc, forcément, à ce super-sapeur doublement pompier bon oeil la nuit venue, sur les calanques, attendant sa sirène qui vient, toute hurlante, lui conter les sérénades phocéaniques niques niques.. Je gage que tu me pardonneras, P., cette incronguité ci dessous-me fait invariablement penser à toi.)

          Pendant que certains se perdent à penser que "le monde est mon démon" et qu'il n'y a plus de raison "valable" de donner de l'amour ni d'en faire au paradis, il en est d'autres au moins qui ont pris le temps de prendre du bon temps pendant qu'il en est encore temps : là où les habituels amants peinent, Daniel et Valérie n'en auront cure à jamais, ils ne sont là que pour s'acoquiner joyeusement ! Impunément et innocemment. Et surtout, de façon aussi dangereusement prodigieuse qu'intensément inutile. Mais qu'importe : on ne vit qu'une fois, et puisque le vit danse....

         Ils s'étaient connus sur les sentiers de la gloire, à l'époque encore toute fraîche de leur cour de lycée, qui jouxtait le choeur de la Cathédrale, où ils demeureront sans doute à jamais enfants consacrés et oints par l'hostie de la Réconciliation Intempestive. Puis, sous l'oeil bien-aimant de Dieu le Père Fouettard, ils s'étaient perdus de vue durant de longues saisons apoplexiques, mais ce n'était que pour mieux se retrouver, l'avenir le leur a montré : au hasard d'une fastidieuse réunion d'emploi à laquelle ils assistèrent tous les deux, ils se tombèrent dessus l'un l'autre, et en une fraction de seconde les souvenirs jaillirent de leur coulis de sang temporal. Et, surtout, bien plus que les souvenirs, c'est leur devenir commun qui leur apparut grandeur nature : en un instant ils surent. Ils surent... ! Car, à peine s'étaient-ils tout juste échangé les tenaces banalités d'usage, qu'ils se retrouvaient déjà dans un coin retiré des toilettes pour faire plus ample connaissance digitale.

Leurs rendez-vous devinrent bien vite quotidiens, et il n'y avait jamais assez d'heures dans chaque journée pour qu'ils puissent explorer les moindres rivages de leur sueur amoureuse, et repousser toujours plus loin les frontières hédonistes. Dès l'aube de leur passion, le vide ambiant avait trouvé à qui parler : Daniel et Valérie avaient cette faculté innée et complice de tenir en haleine chaque seconde de vie, de prolonger imperceptiblement chaque fraction d'existence pour en faire une demeure d'éternité.

 

        Mercredi 27 mai. L'Aube de leur conquête, l'Aurore de leur requête. C'était une journée ultra-printanière sous l'air marin de cette cité balnéaire, balayée par un vent frais du large qui n'en mène plus large depuis longtemps. Au diable le grand large, vive les largesses de la chair et du vice dans les grandes largeurs.Mercredi 27 mai, première vraie rencontre en un lieu qui s'y prête effrontément : au 16, boulevard des Désaxés (le nom était prédestiné…). Second étage de l'Hôtel des Deux-Mirages (sans doute encore un indice supplémentaire, s'ils en cherchaient un, sur leur inévitable connivence fusionnelle). Daniel poussa la porte de la chambre n° 69 (décidément, c’était écrit…), plutôt il la défonça tant il y mit de l'entrain. Trouva-t-il le temps de braquer un regard détaché sur la pendule du monde alentour qu'il enserrait déjà Valérie d'une poigne immaculée. Geste dérisoire, inutile : elle était au moins aussi en transe que lui. Dans ces moments-là, comme il en fut systématiquement toujours ainsi par la suite, ils ne prenaient jamais le temps de s'embrasser : leurs corps étaient déjà par trop embrasés, et ils se laissaient conduire au gré de leur fantaisie amoureuse. Se guidant l'un l'autre, instinctivement. Et toujours sur la même longueur d'onde... Et, ce jour-là, au complet diapason de leur fougue naissante, ils se délestèrent prestement des appeaux inhérents à cet univers dévoyé, et se jetèrent spontanément sur la houle encore froide des draps satinés de ce lit Napoléon, qu'ils s'empressèrent d'occuper dans toute sa largeur : aucun espace ne devait être laissé vacant, aucune partie du vaisseau ne devait revenir au silence, ils s'étaient juré de ne rien laisser au néant : d'autres s'en chargent continuellement, et même consciencieusement... Mais le monde serait-il assez grand pour loger leur lave en fusion ... ?!?  Et Dieu dans tout ça ? Où diable était-il en train de tirer celui-ci par la queue ?

La queue ?

Précisément... Daniel s'était allongé dans les étoiles. Le dos collé sur le tapis floconneux de ces draps onctueux, qui sentaient encore l'assouplissant (il reconnut d'emblée la chaleur de la lavande), il n'eut aucun dieu à prier pour que le temps s'arrête : Valérie était déjà perdue dans les limbes de leurs songes si longtemps retenus, trop longtemps contenus. Ne quittant pas des yeux ceux de son amant dévastés par l'envie, elle s'empara goulûment de son sceptre et s'employa à l'astiquer en bonne et due forme. Dans d'incessants va-et-vient que n'aurait pas reniés la plus soumise des marées, sa langue experte avalait et déglutissait l'objet du délit, l'objet du désir, l'objet du délire, semblant dessiner des stries visqueuses le long de cet appendice turgescent. Et chaque mouvement frelaté de cette éponge aspirante sur sa tour infernale arrachait à Daniel un soupir de satisfaction éplorée et reconnaissante. Sans dire mot (les discours étaient tacitement bannis entre eux depuis le commencement), il la releva doucement, la coucha à son tour sur le drapeau de leur incandescence, et travailla à lui rendre la politesse. Il n'eut pas à la mettre en condition outre-mesure : brûlée par un volcan de diamants liquides, sa source de vie ne demandait qu'à être alimentée au firmament de ses inspirations. Le feu était allumé, il n'était pas prêt à s'éteindre. Non, pas près de s'éteindre. Daniel écarquilla les yeux autant que les lèvres pour ouvrir sans peine l'abricot offert à la vue du monde. Mais le monde n'en aura rien, il goûtait au plaisir égoïste de ce partage qu'ils ne devaient qu'à eux. Le nez dans les entrailles de la Voie Lactée, sa langue cognitive décollait chaque recoin de chair liquoreuse, et la reposait guillettement sur le rebord de son chas, s'attaquait au suivant, lui destinait exclusivement sa salive, puis lapait à nouveau, jusqu'au moindre repli insoupçonné, tout le sillon de cette amazonienne forêt, dont jamais il n'eut souvenance de semblable saveur. L'efflorescence de la végétation avoisinante achevait de voyager son esprit évaporé jusqu'aux bords de l'explosion, qu'il sut retenir : le temps n'était pas encore venu... 

        Valérie se contorsionnait sans relâche dans les miroirs de leurs yeux mystifiés, qui auraient fait passer le tonnerre pour une simple étincelle en partance, mais à peine se remettait-elle des torrents de plaisir qui barricadaient son corps par saccades qu'ils avaient déjà décidé, toujours sans le moindre vocable pour affleurer le silence, de partir simultanément à la rencontre de leurs univers respectifs. Daniel se replaça sur le nid à présent échaudé de leur couche d'un jour, et attendit que Valérie offre à sa vue brouillée la blancheur immaculée et tellement sensuelle de sa croupe pour déclencher les hostilités : pendant que sans vergogne elle tenait discours à la droiture de son entrejambe, il se replongea dans la lecture inassouvie de cette région du monde dont il ne se repaissait pas. Et plus elle dévalait puis remontait méthodiquement les pentes de sa tour de Pise réinventée, plus il visitait toujours plus avant les contrées évanescentes de sa plaine fertile.  Et plus elle suçotait les deux chétives planètes serties en orbite autour de son système solaire autant que pilaire, plus il léchait avidement l'espace interstellaire plongée dans une obscurité immanente. A grandes lampées, il s'inondait le gosier de ses effluves intemporels, et comme elle soupesait alternativement chacune des billes accolées à sa trompe avant de les engloutir pour mieux les déglutir ensuite, il s'aventura délicatement dans un ultime - bien plus qu'intime - interstice dont il tenait à connaître les tenants et aboutissants : la langue fourchue comme jamais aucun diable ne pourra l'avoir, il s'introduisit subrepticement entre les pommettes de son champ, traçant un couloir au temps en en suivant le sillon naturel, pour arriver rapidement à destination. Il huma l'instant, humecta derechef la frontière à la manière étoilée ainsi atteinte, et goûta fiévreusement la saveur hâlée, basanée qui émanait de son tréfonds, appréciant jusqu'à la plus imperceptible rétractation de l'endroit, qui ne devait certes pas s'attendre à recevoir pareille visite de courtoisie. Et Valérie, un court instant prise de court par ce geste qu'elle ne suspectait pas, tint aussitôt à se venger pour ne pas rester en reste ni en rade sur les quais de leurs explorations impudemment conscientes : l'annulaire largement humidifié par toutes sortes de senteurs et de fontaines adjacentes, elle découvrit très vite la résistance à laquelle se heurtait ce doigt, joua avec les branches fines qui traînaient là, puis s'engouffra dans l'enceinte comme elle aurait passé une brèche temporelle, puis sa langue termina d'en découvrir les exhalaisons cuivrées. Daniel ne fut que passablement étonné de l'audace, il se concentra plutôt à apprécier, avec tout ce qu'il lui restait de perception dans sa conscience émoustillée, la vague de sensations qui parcourait tout son être; Valérie de son côté, et exactement  au même instant, en fit voluptueusement autant, car de nature sirupeuse elle aussi, comme en absolue fusion avec cet homme d'un autre temps. 

          Mais ils étaient depuis longtemps hors du temps. Et presqu'aussitôt, à mille lieues des poussières fades de ce monde parallèle, ils prirent simultanément leur envol pour des destinations indicibles, avec toute l'intensité irrationnelle propre aux symbioses indescriptibles car inimaginables. Ces symbioses dont la grandeur n'a d'égale que la violence. Et dont la rareté le dispute à la portée : inégalable. Ainsi, dans un féroce appétit synchrone, ils s'avalèrent réciproquement, ne laissant nulle miette à tous ces parasites de l'exsangue pour lesquels ils n'éprouvaient qu'un dédain viscéral : jusqu'à la dernière goutte de leur semence respective ils se burent en se délectant de la puissance de leur nectar mutuel.

... Puis, enfin, fatigués, lessivés, déjantés, ils se mirent à faire l'amour. Pour ainsi dire, l'amour, qu'est-ce que c'est que cette chose ?!?

           Car Daniel et Valérie ne forniquent pour ainsi dire pas, ou quasiment jamais : ils baisent. Copieusement, intensément, démesurément. Amoureusement. Ils copulent à l'envi, s'accouplent sans équivoque, se donnent et se dépensent sans jamais se devoir. Sans jamais rien se devoir d'autre que le plaisir du partage consommé. Et dans l'enchevêtrement de leurs corps en transhumance constante, ils se reconnaissent égaux et uniques parmi toutes les têtes chercheuses de cet univers en suspension horizontale : ils n'aspirent qu'à la propension verticale.

Non, ils ne forniquent pas. Ils baisent. Ils se baisent l'un l'autre, ils adorent ça, et qui pourrait leur en faire le reproche, si ce n'est ces esprits coincés dans des tenues aussi  étriquées que leur quotidien chloroformé, dépourvu du moindre risque, et plus balisé qu'un parcours de randonnée pédestre ?!? Là où le quidam du jour ne voit qu'orgie et jouissance perverse, eux ne cherchent que l'orgasme cosmique, la terreur originelle du ciel intérieur. Et ce qui pour leurs congénères s'apparente à de la bestialité confinant à l'animal, se trouve pourtant au vu et au su de "tout le monde"; ce sont des choses initialement à la portée du premier humain venu, et ce pourraient fort bien être des valeurs qu'ils ont prônée intrinsèquement, tous les deux, chacun de leur côté, bien avant que leurs corps ne se joignent et n'y donnent vie : ces choses ont pour nom tendresse, douceur, volupté, candeur, fragilité, sublimation... Du carpe diem à l'état brut, en somme. Né de cette supra-conscience que l'on ne vit qu'une vois, et que le vit (!) sert la vertu. Ce ne sera pas six pieds sous terre que les squelettes expérimenteront un soixante-neuf digne de ce nom !

L'on ne saurait blâmer deux êtres dont le seul crime est d'avoir su aller par-delà les bienséances qui décrètent péremptoirement les limites du vice et de la vertu. Les condamnera-t-on parce qu'ils ne recherchent que le plaisir et l'évasion au milieu de cette rivière aseptisée où ne coule plus que le sang absous des nonnes en paix depuis longtemps ?!?

           Daniel et Valérie n'appartiendront jamais à rien de ce qui fait le sel d'ici. Pas plus qu'ils ne s'appartiennent l'un l'autre. Ils sont libres.  Libres... ! Comme seules peuvent l'être les natures luxuriantes. Des esprits frais, isolés, absolus, puisqu'à jamais inassouvis, irrésolument insatisfaits. Mais plus vifs que vivants, et désespérément hors du champ de l'Universel. Hors de portée du commun des mortels. Ce sont des Amants de l'Ombre. Et, à l'ombre des Amants,  de ces Amants-là, aux sentiments si éthérés tant ils sont au-dessus des "simples" choses terrestres, il n'existe guère de ciel qui soit suffisamment vaste pour contenir un tant soit peu l'étendue de leur amour foudroyant, irradiant. Sidérant, car intersidéral, ou si peu... (!) 
          A présent, tous deux peuvent retourner à leur cours de catéchisme : ce soir, Dieu sera content, il jouira presque d'un plaisir à peu près oeucuménique nique nique. Il s'est persuadé qu'il est Amour, infiniment Amour.
Sois rassuré, nom de Dieu : tu es bien Amour. Mais à mourir de rire.
Eh oui, tu t'es bien fait ******* sur ce coup-là. Les enfants de choeur ne sont plus ce qu'ils étaient.

 

                                                     Euh.. ben non, j'ai pas honte... Pourquoi, je devrais, selon vous ?

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C

qui c'est cet abruti de "nouvelobs" ? di à li "allé gratt' son ki derrièr pid'bois,donc" !


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F

chuuuttttt.. Big brother nous surveille, pas un mot de travers, si non, 'CHAM-PI-GNOOOONNN', comme dirait Dany Boon

PS : suis très surpris que tu aies posé tes yeux sur ces lignes dépravées (!). Que dirait Léo s'il savait que son tonton fabrique des missiles porno-érotisantes à longue portée mais à court d'idées
UTILES ?!?


P

"Je gage que tu me pardonneras, P., cette incronguité ci dessous-me fait invariablement penser à toi.)"

..peut être parcequ'à une époque nos (d)ébats s'ourlaient d'une complicité dont nous seuls en comprenait le sens..
Je vois que tu as réitéré dans le genre et j'aime toujours autant ta fantaisie..ta plume généreuse et tout cet Amour à offrir,nul doute que tu ferais un "sacré" amant (mais c'est une autre
histoire)
Tu ne vas pas me croire..je me suis servi un verre de vin blanc..un Cassis Les Calanques 2007..avant même de venir retrouver tes billets que j'avais un temps délaissés.
J'suis pas déçue,je reviendrai (f)

 




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N

Intensément inutile, tout ça ?! Cette passion précise, voluptueuse, folle, brûlante ? Le schéol paraît fade à côté... Qu'ils recommencent, jusqu'à n'en plus pouvoir... jusqu'à la prochaine
fois.
Tiens, je n'ai plus froid ! Merci..


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L

ha ha ha mais là, carrément mort de rire!!! c plus du mauvais delerm, c du piteux brigitte lahaie!!! trop fort!


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