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••• É𝐜𝐨𝐭 𝐝𝐮 𝐒𝐢𝐥𝐞𝐧𝐜𝐞 •••

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😷 Littéra'tueur en série non homologué 😜


*~~ Artificiel ~~*

Publié par Fil@ment sur 7 Août 2009, 04:08am

Catégories : #Souven@nces ()

          Vraiment c'est une bien belle forêt. Quel dommage qu'elle soit privée.
De nous, surtout...
          Il y avait encore quelquechose que je devais te dire avant que tu t'échappes pour de bon. Quelquechose qui a ricoché entre les astres de ton génie suranné bien avant que de surgir en ma conscience.
Là où tu virevoltes parfois, souvent, toujours, quelque part au milieu de notre chemin biscornu, il existe un phare comme perdu pour les âmes d'antan. Tu ne t'habitueras pas au silence, tu n'es pas fait pour lui. Tu ausculteras les limbes claudiquantes où tu marches encore quelques fois, mais c'est déjà l'aube sur nos vies, ou le crépuscule pour d'autres, quelle importance ? Tout est déjà terminé, fini, bien qu'à jamais inachevé.
Je n'ai accouché de toi qu'à la seule volonté d'un corps que je ne possède pas; je ne t'ai donné le jour que sur la demande expresse de certaines nuits plus évasées que les autres, il fallait que tu le saches. Si l'on m'avait demandé mon avis, probablement que je n'aurais pas procédé ainsi. Je n'aurais pas 'procréé', je t'aurais simplement 'créé'. C'eût été bien plus beau et combien plus parfait, avec ce que cela supposait pour toi d'horizons infinis à parcourir avant que de parvenir à savoir qui tu étais.

 

          Ce sort que t'aurait réservé cette gestation-là, aucun de nos criminels, même le plus doux, ne le mérite. J'ai beau fouiller dans les tiroirs de nos vies antérieures, nulle part je ne trouve trace de ce que tu aurais pu devenir, de ce que tu pourrais être. Je m'accroche à l'espoir indécis que tu te souviennes des lignes de nos mains. Et plus je m'accroche à ce qu'il reste de nous, plus tu t'éloignes, consciencieusement; on ne saura jamais qui a fait le plus de mal à l'autre. Mais que peut-on bien lire dans les lignes de nos mains courantes lorsque celles-ci n'ont jamais porté que des gants, même lorsqu'il s'agissait d'offrir ? Et je sais pertinemment que tu n'y aurais vu que des traits continus, des traits épais, tracés dans le sang dont se drape encore le vaisseau de qui tu sais.
... Du reste, tu n'as plus à savoir : pour tout ce qui nous tendait les bras, il n'y a plus guère que des bandits manchots pour s'en souvenir. Et guère plus que moi pour m'en rappeler. Me le rappeler.. Toi, tu gamberges. 

         
Au loin, la lisière de la forêt que tu aimais tant.... Tu aurais pu mille fois y naître. Et mille fois je t'y aurais fait écouter le bruit que fait le vice à la vertu, le don irrésistible que le souvenir offre aux espérances futiles, mais ô combien précieuses et nécessaires, puisque désespérantes. Encore aujourd'hui, pour ce qu'elles ont de raisonnablement éphémères, elles n'en demeurent pas moins des plantes vivaces au milieu de nos natures exubérantes et tout près de se flétrir.
Mais tu as préféré la luxure à la luxuriance. Ce n'était pas mon coeur qu'il fallait profaner, mais bien autre chose. Le sauras-tu jamais ? Tu n'auras jamais conscience de ce tout qui rôde, et tu n'imagines pas le 'bonheur' auquel tu échappes : mets du sel sur nos plaies, et tu comprendras combien ça fait mal.
Et puis voilà que désormais nous sommes voués à l'étude infalsifiable des coeurs déracinés. C'est une évidence qui ne devient flagrante que lorsqu'on s'acharne à vouloir renaître plus que de raison. Auparavant, on ne fait que donner le change,  en pensant changer la donne. Où donc crois-tu que j'ai épuré ce qui devait être toi ? 

          La forêt intimement universelle, cette forêt qui nous liait demain, se prendra grâce à nous une volée de bois vert. Puis nous y mettrons sans doute le feu; un feu inextinguible qu'alimentera le foyer où nous étions censés flamboyer. Au lieu de cela, nous n'irons plus que cramer en enfer. Celui qui nous craint tant qu'il se met à neiger sur la lave de ses propres effluves incandescentes. Au diable toutes ces lubies : il doit faire un peu moins froid maintenant dans le grenier de nos mémoires respectives, tellement sélectives : et si nous allions nous en déloger de manière irrémédiable ? Qu'en dis-tu ?

......... Peine perdue, tu n'en diras rien, tu n'es pas doté de la même langue que moi. Nous descendons du même arbre, avons crû sur les mêmes branches pas si flores, et nous ne nous comprenons pas. Sauf dans hier. Sauf sans être sain. Taisez-vous nos silences. Quelqu'un a frôlé le souffle du vent. Se peut-il que ce soit toi ? Voudrais-tu que ce soit moi ?
.....Mais poussière.... Orée du bois. Le feu embrasse le monde plus qu'il ne l'embrase. Matin clair. Baiser au lépreux et bal du diable. Le décor est planté, il ne manque plus que les acteurs, auxquels nous serons assez chastes pour prêter nos voies de garage.
Je n'ai plus la force de t'attendre. Et toi plus l'envie de m'exister. Aussi, puisque l'on ne peut s'atteindre, il nous faut nous éteindre. Et bien sûr, avec ton élégance habituelle, tu permettras que je passe le premier. Puis tu me suivras, à l'exact point inconnu où luit le jour d'avant. Enfin, c'est à supposer : je n'en aurai nul témoignage. Et que m'importe... 

          Tu es né dans mes rêves. L'enfant du souvenir. Un 'doux' secret à mi-temps, une douleur à plein temps. Dors, à présent. Il y aura toujours quelqu'un pour veiller sur toi. Au royaume des ombres, les soupirs sont rois. 

Et néannmoins, tout de même, une toute dernière chose : si tu changes d'avis, tu sauras où me joindre. Mais si tu changes de vie, sauras-tu où me rejoindre ?

 

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kevin 15/09/2009 13:36

salut,bel article. je ne l'ai pas lu jusqu'à la fin. je repasse

Fil@ment 16/09/2009 18:10


Tiens, salut Kevin, ça faisait lgtps.. je me demandais ce que tu devenais.
'Pas lu jusqu'à la fin', t'inquiète : moi non plus je n'écris jamais jusqu'au bout (ça s'est vu,
hein !?!) ^_^
Je reviendrai te lire à l'occasion, j'aime bien ton trait


Gnafronne 07/08/2009 11:11

Quoi, c'est déjà Noël ? et demain aussi j'espère.. et encore après-demain... et...Faites-moi taire, faites-le écrire encore... Gracias, Don Fantasma (f)

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