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••• É𝐜𝐨𝐭 𝐝𝐮 𝐒𝐢𝐥𝐞𝐧𝐜𝐞 •••

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😷 Littéra'tueur en série non homologué 😜


Andy Nootoo, NécroMane au violon court.

Publié par Phil'H@rmoniaque ! sur 27 Juin 2009, 02:36am

Catégories : #*Petits bonheurs simples*

    
   

        Frédéric Chichin mourut dans une quasi-indifférence, seuls les fans des Rita Mitsouko entretiendront encore sa flamme. Multi-intrusmentiste de génie, le souffle du rock dans les gènes et compagnon d'arme de Catherine Ringer, à la ville comme sur scène.  Comme bien souvent, j'ai attendu que les gens soient morts pour faire comme si je découvrais leur musique; je dois être 'nécromane'.... Le plus 'bel' exemple fut avec Freddy Mercury, du groupe Queen, que je n'ai appris à connaître réellement qu'après son départ. Peu importe, la musique est plus éternelle que ses auteurs, et bla-bla ad vitam aeternam. Il restera à jamais des chefs-d'oeuvre pour mieux parler des artistes que ne le feront jamais des biographies interstellaires.
Mais qui donc était cet Andy ("oh dis-lui oui... cette fois-ci !!")qu'apostrophaient si joyeusement les Rita en 1986 ?
     ... Personnellement je l'ignore, et je préfère rester dans mon ignorance, car j'ai décidé de mettre un visage sur ce prénom. Un visage au hasard, pas si aléatoire que ça finalement, puisque un documentaire nocturne sur une chaîne sans doute faite pour les insomniaques m'a livré une clé : ce sera Andy Gibb, le quatrième des Bee Gees qui jusqu'à ce soir, pour moi, n'ont jamais été que trois frères. Ils furent quatre, mais Andy, le benjamin de la fratrie, ne fut jamais le quatrième Bee Gees comme on peut être le cinquième Beatles, le douzième homme ou la rencontre du troisième carrosse, ou quelque chose s'en rapprochant. Il eut une brillante carrière solo, coiffa même au poteau ses stars de frères dans les palmarès américains juste avant la déferlante Saturday Night Fever, et puis s'en fut, un matin de printemps 1988, fatigué par les addictions que n'appréciaient pas son coeur fragile (il faudrait voir un jour à dissocier l'Art des assuétudes qui lui sont forcément accolées, ça commence à m'épuiser tous ces gens qui meurent de mort plus-naturelle-que-moi-tu meurs). Il avait 30 ans. "Andy, dis-moi oui", gueulait Catherine Ringer. Je doute qu'il lui ait jamais répondu. Même ses propres frères avouaient dans ledit documentaire qu'au fond ils ne le connaissaient pas vraiment. Sauf à Fort Worth, lors d'un concert commun, en 1979, où, liés par le sanf familial autant que par l'amour de la musique, ils touchèrent à la grâce, dixit Brian Gibb. Dans une comédie humaine qui serait tout autant musicale que tragi-comique, si Andy avait pu connaître Fred Chichin, peut-être cela aurait-il débouché sur une collaboration musicale fructueuse et épique. Leurs univers étaient éloignés, évidemment, mais quelle importance : les mythes, réels ou surfaits, sont faits pour se rencontrer, et passé les clivages, quels qu'ils soient, il reste des légendes. Andy et les Rita Mitsouko sur scène, rejoints par Freddy Mercury sur une variante électro de 'Imagine', ç'aurait été fabuleux. Surtout si Jeff Beckley venait y mettre son grain de sel, accompagné de Barbara qui aurait conditionné sa venue à la présence de Aaliyah, qui pour l'occasion aurait fait appel à Balavoine dans les choeurs et à Bashung et Gainsbourg dans une sorte de mega-remix d'une Star Academy fantômatique que n'aurait sûrement pas reniée Jim Morrisson ou Brel ou James Brown ou ...

          Tant de maîtres sont morts. Tant d'élèves se réclament d'eux. Comme si la musique appartenait à quelqu'un de particulier; comme si un genre musical se devait pour exister d'avoir son chantre. Une lumière qui guiderait le peuple inconditionnel vers le tunnel de son choix. Un King à chaque détour de courant musical. Fred, Andy, Jeff et les autres se réclamaient sans doute eux aussi d'un modèle. L'homme est ainsi fait, on a chacun ses icônes, ses préférences, ses attirances. Comment vais-je faire, moi qui aime tellement de musiques amis qui déteste l'idée-même de 'Maître' ? Des génies pour l'éternité, cela ne m dérange pas, je fais avec; Mozart peut très bien s'accointer avec le disco, sur un riff de guitare des Eagles et un sample de R'n'B; Goldman pourrait parfaitement écrire un tube pour les ménestrels médiévaux, avec Chopin  et Elvis dans l'orchestre philarmonique, Madonna ou Jaïro dans les choeurs, et les Rage Against the Machine en directeurs artistiques. Et tous ces anonymes pour lesquels les encyclopédies de l'univers ne disposent pas assez de place pour tous les énumérer... La musique est intemporelle, les acteurs éphémères lui donnent son vécu, le temps d'une existence, et puis s'en vont, ils ont feut leur temps. Leur tour de chant. Au bout de tout, il demeure simplement la promesse que, par-delà les modes, les techniques, les évolutions, les styles, le temps est une note de musique indéfinie, une partition infinie, un refrain sans cesse renouvelé. La musique, comme toute forme d'Art en général, ne sert strictement à rien, au sens qu'elle ne changera pas le monde ni encore moins le gène malsain de l'homme. Mais elle EST. Simplement. Dans toute sa variété. Et c'est parce qu'elle n'est d'absolument aucune utilité apparente qu'elle perdure bien au-delà des générations de mythes, de génies et autres créatifs exceptionnels.

          'You know I'm dead, I'm dead, you know it' (ah ça oui, on  a su !...), déclamerait the King of Pop à cette heure... C'est un fait, un autre grand est parti. Les musiciens sont morts, vive la musique ! Une vie au long cours ne saurait suffire pour jouer du violon aux oreilles de l'Univers. Alors, qui doit pisser dans les vies aux longs cours de chants ? Dingue comme Rawhide me revient aux oreilles. 'Strawberry fields forever', comme on dit si peu dans la langue sans fraise.. Nécromane je suis, mélomaniaque je resterai. La musique peut clairement se passer de moi, mais moi pas d'elle. Elle a besoin de ces légendes pour passer les époques, mais là où ils pensent tous révolutionner le genre, ils ne font qu'ajouter une note spécifique à un monde pré-établi : elle était là bien avant nous, et elle verra encore le soleil exploser dans quelques milliards d'années. Elle remerciera Mickael Jackson de lui avoir ouvert une fenêtre, pourtant sa façade est démesurée, capable de contenir un nombre inimaginables d'ouvertures. Le virtuose ultime est ce maestro de l'ombre qui joue du seul instrument que l'homme ne saura jamais posséder : le Temps, qui, mieux que personne, sait comment 'Stayin' Alive', même et surtout lorsque ses représentants sur Terre n'y sont plus.

 

Pourtant....' Porqué te vas', fumier de génie ????



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pas florebo 27/06/2009 12:58

Je pensais qu'on aurait eu des infos sur Notre Jackson, bin non....mais très bel article, merci pour ce moment de  ???

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