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••• É𝐜𝐨𝐭 𝐝𝐮 𝐒𝐢𝐥𝐞𝐧𝐜𝐞 •••

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😷 Littéra'tueur en série non homologué 😜


.Désordre du Mérite. (2)

Publié par Fil@ment sur 6 Août 2015, 22:49pm

Catégories : #*Petits bonheurs simples*, #Souven@nces (), #Whoever I am not, #Un tout petit mot ment.., #{Des rasoirs dérisoires}, #[Syndromes de l'Alphabêtise], #~*~ azur@etoile.net ~*~

(c) Linkin Park, "Castle of Glass" - Source : @Linkin Park via You-Tube - Tous droits réservés

 

(...)

          La dernière fois qu'on t'avait vue vivante, tu ne l'avais pas fait exprès. Tu n'étais déjà plus de ce monde, si tant est que tu l'aies jamais été. Les jours venaient s'échouer sur le seuil de ta porte comme la marée vient laper les commissures d'une plage, tu n'en avais cure : le temps ne passait pas pour toi de la même manière qu'il file sur le trottoir des hommes. Le temps d'un rêve, c'était déjà trop tard, l'éternité était passée. Et toi avec, la vitesse en moins, la lumière en plus. Trois-cent mille kilomètres par seconde, quelle lenteur ridicule pour prétendre rapiécer une âme. Figée dans l'espace comme une croix sous un dieu qui ne veut plus exister, tu avais aboli les distances. Les durées. Les limites. Pour aboutir à la sainte conclusion qu'elles se confondaient toutes en un point immensément dense, exhaustif, ultime ; ce point ridiculement absolu qui n'a jamais pu te donner son nom lorsque tu le lui avais demandé. Et pour cause : ça ne parle pas, le Silence. Ça ne répond de rien, ça ne rend compte qu'à l'écho primordial où toute chose avait accouché de demain dès l'aube.

 

          On n'a jamais fini de payer ce tribut ancestral à ta fuite en avant. Même si tu devais passer à la vitesse supérieure à l'infini, il n'y aurait rien de plus supra-luminique qu'une seule de tes ombres amovibles qui hantent le temps de façon bien plus subliminale encore que ne le conçoivent tes itératifs ectoplasmes, ces innombrables - autant qu'innommables - images de toi que tu te bornes à nous offrir, et qui sont supposées nous servir de repères dans la chronologie d'un rien qui s'annonce : pour nous qui n'appartiendrons jamais à d'autres vies que la poussière, un simple sourire comble le pesant de l'existence ; à toi, il en faut toujours plus. Tellement plus de ce tout que tu n'identifies jamais, que même l'absolu divin - s'il venait à se présenter à toi soudain par la grâce d'un miracle commandable en ligne sur l'Internet du vivant - ne saurait où loger son infinie omniscience. Tu demandes trop, définitivement trop à vivre, infiniment trop à tes semblables. Qui plus est, tu exiges d'autant plus l'impossible que ton marchandage avec le monde est viscéralement malsain, idiot et confine même à l'obscène.

Car en regard de cet incommensurable rien que tu lui offres en retour (et que dans tes phases de génie compulsif à te détruire savamment, tu oses appeler tes "efforts"), tu ne rends justice qu'à l'ingratitude, à l'égoïsme et à la part inconcevable que l'existence prend au temps comme ponction tacite de son passage parmi l'humain. Tu te complais à faire allégeance au pire, tout en prétendant avoir le droit d'escompter le meilleur : inique mercantilisme, impossible multilatéralité (ou même, dans ton cas comme dans celui du monde où tu ne demeures plus : multilatéralisme, voire multilatération ?!?) ; incompréhensions inévitables, et chemin délibéré vers l'isolement. L'isolation, la déchéance, le déni, ... Ton ultime point de non-retour, bien que tu nous ai habitués à toujours revenir du néant. Pas cette fois, pourtant. Pas avec moi, en tous les cas. Puisque tu as décidé que. Puisque tu as décrété que. Et puisque tu crois toujours que... Ta vérité. La seule qui prévale quand plus aucune autre ne sait avoir cours sous les étoiles éteintes où tu viens dormir.

 

          Telle est la voie de facilité que tu choisis de poursuivre, dans ta tentative consciente de désavouer l'intelligence innée qui t'a vu naître, dans l'espoir provocant qu'elle n'aurait jamais pu te sauver si tu avais fait l'effort de t'en servir. Magnifique monde à l'envers que tu nous proposes là... Un écot injuste, un déséquilibre constant, un éloignement définitif entre nous et ce que tu t'astreins à devenir, envers et contre tout. Alors deviens-le, transforme-toi en ce "ça" que tu décris à coups de degrés improbables, mais ne viens plus jamais reprocher à ce qu'il reste de ton monde de n'avoir rien fait pour empêcher que tes pluies soient de cendres et tes larmes de kérosène. Prescription désormais ; c'est l'ordonnance du médecin qui fera foi lorsqu'une table soutiendra ton corps et ce qu'il ne lui restera plus de vivant.

 

(...)

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